28/04/2016

BD : Vie et mort d'un juge hors normes

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Olivier Berlion est Lyonnais. Plusieurs de ses albums se déroulent dans cette ville et région qu'il affectionne particulièrement. Pour sa nouvelle série, il plonge dans l'histoire récente de la ville en racontant la vie et la mort du Juge Renaud, surnommé le Shérif. Implacable, cet ancien Résistant, a des méthodes peu orthodoxes mais très efficaces. Le magistrat a été un des premiers à faire le lien entre grand banditisme et politique avec le SAC (Service d'action civique) pour relais. Une enquête qui lui sera fatale. Berlion raconte avec minutie comment certaines forces de l'ombre ont froidement décidé de se débarrasser du juge. Un triptyque écrit en étroite collaboration avec Francis, le fils du juge Renaud.

"Le Juge, la République assassinée" (tome 2), Dargaud, 13,99 euros

 

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17/08/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le triomphe des oubliés

Goldman, Sy, Veil et Renaud. Le quatuor des personnalités préférées des Français selon le Journal du Dimanche se distingue par la discrétion des lauréats. Rien ne sert de multiplier les sorties médiatiques ou de s'exposer dans les journaux people pour être apprécié. Jean-Jacques Goldman, très largement en tête, brille par sa retraite discrète. Pas de disques depuis des années, encore moins de concerts. Cette année il s'est contenté de composer une chanson pour les Enfoirés. Il se fait oublier et paradoxalement tout le monde pense à lui... Idem pour Simone Veil. Voix appréciée et écoutée du centre-droit, elle a surtout compté durant la présidence de… Giscard. Son dernier poste au gouvernement remonte à 1995. Sarkozy, en couverture de Paris Match, en short de bain, bras-dessus bras-dessous avec Carla en bikini, devrait en prendre de la graine. Il n'est que 40e... Induite par son impopularité du moment, Hollande n'obtient qu'une lointaine 50e place, malgré ses congés très discrets.. Omar Sy, second, surfe toujours sur le succès d'Intouchables. Il a pourtant déserté l'Hexagone depuis deux ans pour faire carrière aux USA. Encore plus symptomatique la quatrième place de Renaud. Le chanteur n'est plus que l'ombre de lui-même. Il se bat depuis des années contre son addiction à l'alcool. Dans son cas, on espère que ce soutien du public lui redonnera l'envie de refaire surface. Il se serait remis à écrire et envisage de retourner en studio. Si en plus il a la bonne idée de redevenir caustique, il quittera rapidement ce classement fort consensuel. C'est tout ce qu'on peut lui souhaiter.    

18/04/2014

BD : Contrat rempli pour les "héritiers" de Jessica Blandy

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Gihef au scénario et Renaud au dessin poursuivent l'histoire de Jessica Blandy. La belle romancière imaginée par Dufaux n'intervient pas directement dans cette fausse suite. Le lecteur découvre en fait la cavale meurtrière de deux personnages secondaires de la série mère, le tueur Soldier Sun et sa fille Agripa. Après avoir semé quelques cadavres le long de ces routes américaines si inhumaines, ils se retrouvent dans un petit patelin au milieu du désert. Il y a un shérif ambitieux, quelques ploucs de bases, une riche propriétaire et des dizaines de crotales. Paradoxalement ce ne sont pas ces serpents à sonnettes les plus dangereux de l'histoire, même s'ils sont responsables de quelques morts dans d'atroces souffrances. Soldier Sun n'est pas là par hasard. Il a pour contrat d'éliminer la vieille et riche veuve. Il temporise. Pour se faire oublier. Et aussi car il fait un passage par son lit... Agripa, toujours aussi impulsive, précipite les choses. Cela donne un final dense et surprenant. Le contrat est doublement rempli. Pour les tueurs. Pour les auteurs aussi qui signent un diptyque tout à fait dans l'esprit de la série initiale.

 

« Crotales » (tome 2), Dupuis, 14,50 €

 

28/01/2014

BD : Tueurs vénéneux comme des "Crotales"

 

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Soldier Sun et sa fille Agripa ont droit eux aussi à leur propre série. Personnages secondaires croisés dans les aventures de Jessica Blandy, ils font dans cette BD de Gihef (scénario) et Renaud (dessin) ce en quoi ils sont les meilleurs : assassiner. Tueurs à gage officiant en famille, ils ont un peu foiré leur coup à Salt Lake City. La série débute là où les lecteurs de Jessica Blandy les a laissés. Dans un motel, ils se cachent avant de retrouver leur prochaine cible. Agripa, insatiable, se passe les nerfs sur un routier. Nouvelle fuite du duo vers le désert. Ils arrivent dans une petite ville isolée et rapidement entrent au service d'une riche veuve. Ce que cette dernière ne sait pas, c'est qu'elle est aussi sur la liste des personnes à éliminer. Gihef s'approprie l'univers de Dufaux, mettant l'accent sur la vénéneuse Agripa. Dangereuse mais si tentante.

 

« Crotales » (tome 1), Dupuis, 14,50 €

 

24/03/2011

Le désir et la violence

Dufaux, Renaud, Jessica Blandy, Dupuis

Jean Dufaux doit certainement être secrètement amoureux de Jessica Blandy. Cette héroïne de BD, qui est pour beaucoup dans sa notoriété en tant que scénariste, avait été mise au placard. Il a décidé, avec l'accord de Renaud, le dessinateur, de la remettre au goût du jour. Pour une trilogie dont « Le désir et la violence » est l'épilogue. Jessica est pourchassée. Par deux tueurs (un père et sa fille) et une infirmière. Avec son fils, bel adolescent, elle trouve refuge dans une communauté religieuse très stricte. A côté, les Mormons font figure de pornographes. La belle romancière va devoir reprendre les armes pour se défendre et finalement inverser cette tendance. Ce ne sont plus ses amis qui vont mourir, mais ses ennemis. Un album grand format qui permet à Renaud de donner toute sa plénitude à son travail entièrement en couleurs directes. Il a modifié sa technique depuis ses premières armes. C'est beaucoup plus beau. Comme sa redoutable héroïne, toujours aussi désirable.

« La route Jessica » (tome 3), Dupuis, 13,95 €

 

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27/12/2009

Jessica Blandy épicée

Route Jessica 2.JPGAlors que le premier tome d'une intégrale Jessica Blandy est annoncé pour fin février, Renaud et Dufaux poursuivent la publication de ce spin off de la série originale. « La route Jessica » est un road movie mouvementé et sanglant. On suit le parcours de deux mercenaires, des tueurs, Soldier et sa fille. Ils ont une liste de noms. Ils ont pour mission d'éliminer ces personnes. Des hommes et femmes qui gravitent dans l'entourage de Jessica Blandy. Ils pistent donc la belle blonde. Cette dernière est au Mexique. Elle va tenter de sauver son fils adoptif, Rafaelle. Adolescent rebelle, il est sur le point d'intégrer le gang d'Atapulta. Un des plus sanguinaires de la région, dirigé par Anita Royola surnommée Piment rouge. Ce n'est pas parce qu'elle aime cette spécialité locale : « Anita est le piment rouge. Si tu la caresse, tes mains brûlent. Si tu l'embrasses, ta bouche est en feu. Si tu l'aimes, tu ne seras plus que cendres. » Cet album, en couleurs directes, est peuplé de belles femmes, toutes plus cruelles les unes que les autres. D'Anita à Salina en passant par la fille de Soldier ou la mystérieuse infirmière, elles sont toutes élégantes et... sans pitié. Elles font quand même rêver. Comme si la beauté pardonnait tous les excès...

« La route Jessica » (tome 2), Dupuis, 13,50 €

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07/06/2009

Cher papa

 

Route Jessica 1.jpgIl est des héroïnes BD dont il est difficile de faire le deuil. Mais ce ne sont que des créatures de papier totalement dépendantes du bon vouloir de leur créateur. Dans le cas de Jessica Blandy, c'est le scénariste, Jean Dufaux, qui a souhaité mettre fin aux aventures de la belle. Au grand regret du dessinateur, Renaud. C'est ce dernier qui a fait le forcing pour retrouver l'ambiance de cette BD alliant violence, érotisme et fantastique. Dufaux a donc repris du service, pour trois tomes, proposant au lecteur de cheminer sur « La route Jessica ». Dans le premier opus, « Daddy », les différents personnages sont tous à la recherche de Jessica Blandy. La dernière piste passe par son psychanalyste. Mais ce dernier ne restera que peu de temps en vie. Séduit puis massacré par Agripa, cette dernière bénéficie de l'aide de son père adoré, Soldier Sun, tout aussi expéditif pour faire taire les témoins gênants. Un retour magistral, sans Jessica (sauf lors de quelques flashbacks), mais avec tous les ingrédients de la série originelle.

« La route Jessica » (tome 1), Dupuis, 13,50 €

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10/05/2009

Mes BD Souvenirs (10)

Cela fait plus de 30 ans que je lis des BD. Trois décennies au cours desquelles j'ai pu voir l'évolution de certains dessinateurs. Ils sont reconnus et ont du succès aujourd'hui, mais cela n'a pas toujours été vrai. Les débuts ont parfois été durs pour certains. La maîtrise n'était pas complète.
fredericjoubertpl.jpgExemple le plus frappant : Christian Rossi. Je découvrais sa signature dans Circus durant les années 80. Il dessinait les aventures de Frédéric Joubert sur un scénario de Filippini. Il tentait de faire du réaliste. Mais j'avais toujours l'impression que quelque chose clochait dans ses dessins. Problème de perspective ou d'anatomie, tout paraissait faux et bancal. A côté d'un Giraud ou d'un Blanc-Dumont, je le trouvais nul. Mais il ne s'est pas découragé. Et à force de travail, il a trouvé les clés pour rendre son dessin plus aérien et juste. Une bascule évidente dans la série « Le chariot de Thespis ». Ensuite il s'est imposé comme un des plus grands de Jim Cutlass à WEST. Il n'est pas le seul à avoir un trait maladroit à ses débuts. Prenez les premiers Bernard Prince. Hermann avait un trait noir et foncé, trop encré, avec des héros aux muscles hypertrophiés. Il faudra des planches et des planches pour qu'il acquière cette dextérité incomparable.

modeste_griffo.jpgCertains dessinateurs ont également eu des problèmes à leurs débuts pour des erreurs de castings. En clair, leur première série n'était pas du tout ce qu'ils pouvaient dessiner de mieux. Une sorte d'apprentissage, presque de bizutage. Ainsi comment imaginer que Griffo, dessinateur de SOS Bonheur, Giacomo C. , Sade ou Ellis Group a débuté en reprenant... Modeste et Pompon. Cette série de gags, imaginée par Franquin et animée durant de nombreuses années par Mittéi était orpheline. Griffo, postulant à la rédaction de Tintin, en a signé une petite trentaine. Un petit galop d'essai avant de s'imposer comme dessinateur réaliste dans les pages de Spirou.

Franz aussi a longtemps hésité entre dessin réaliste et humoristique. Alors même qu'il se lançait sur les traces de Jugurtha, il amusait les lecteurs de Tintin avec Korrigan, des histoires complètes écrites par Vicq. Frais, sans prétention, cette série a rencontré un joli succès. Mais il a fallu que Franz choisisse. Son amour des chevaux et des belles femmes a certainement fait pencher la balance vers Jugurtha et Lester Cockney.

Autre débutant des années 70 devenu un dessinateur reconnu aujourd'hui : Renaud. Sa première série a surtout marqué les esprit par la complexité du scénario. Aymone, héroïne sortie de l'imagination de Jean-Marie Brouyère, évoluait dans des décors enneigés au milieu de nombreux militaires. Une belle jeune femme, toute en formes. Renaud a continué dans cette voie, dénudant de plus en plus ses personnages féminins, notamment la sublime Jessica Blandy sur un scénario de Jean Dufaux.

korrigan01_01102003.jpgCes débuts hésitants de dessinateurs ont parfois été réédités en album bien des années après leurs publications dans les revues. Certains sont totalement introuvables comme les gas de Modeste et Pompon. Heureusement, le site officiel de Griffo a exhumé ces planches que l'on peut visionner dans un « musée des antiquités ». Pour ma part, toutes ces BD sont encore bien présentes dans ma mémoire tant elles m'avaient marqué, par leurs défauts ou leurs différences.

A l'inverse, la vieillesse a parfois joué des tours à certains auteurs qui ont lentement perdu leur coup de crayon. Exemple avec Raymond Macherot. Son trait, très classique, au sommet de sa carrière, est devenu tremblant et hésitant dans les dernières années. Il n'a pas su s'arrêter à temps. Mais parfois, les dessinateurs n'ont pas le choix, même si leur santé est chancelante, ils doivent continuer à produire pour assurer les fins de mois. Ils sont rares ceux qui peuvent arrêter une série et profiter d'une retraite méritée. Berck (Sammy) et Deliège (Bobo) en font partie. Et pour ces deux derniers, on regretterait presque ce retrait du monde de la BD tant ils sont partis au sommet de leur art.

 

 

03/06/2008

Mère et fille en galère

9fc9d65aab2084fcb8e8c9973af29f37.jpgRéservée aux adultes éclairés, la série Vénus H de Dufaux (scénario) et Renaud (dessin) plonge le lecteur dans un monde où les tabous n'ont plus cours, où la morale est abandonnée dans les vestiaires de ces alcôves réservées aux clients de cette agence de prostituées de luxe. Wanda, blonde, froide, experte dans sa partie, est devenue la favorite d'Oleg Kosca, bras droit de Maître Abel, prince de la débauche et de la drogue. Wanda qui a un secret. Il y a quinze ans, elle a eu une fille. Dominique. Incapable de s'en occuper, elle l'a confiée à un couple de fonctionnaires. Mais Dominique semble marcher sur les traces de sa mère naturelle. Elle vient de faire une fugue en emportant un sac bleu d'une grande importance qui cause bien des soucis à Maître Abel. Wanda, en apprenant les déboires de sa fille, décide de tout tenter pour la tirer des griffes de cette organisation tentaculaire ne faisant que peu de cas des "fusibles", même s'ils n'ont que 15 ans. Renaud, dessinant en couleurs directes, produit moins rapidement mais ses femmes n'en sont que plus belles et désirables.
"Vénus H" (tome 3), Dargaud, 13 €


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