05/07/2017

BD : Salch, un père méchant ou trop réaliste ?


Il est devenu célèbre avec son « Lookbook », jeu de massacre sur les apparences des hommes et femmes cherchant trop à se couler dans une mode, une catégorie sociale. Son dessin un peu crasseux, à la Reiser, fait mouche dans ce genre très destructeur. Il se moque de tout le monde dans ces recueils, alors pourquoi ne pas s’occuper aussi un peu de sa pomme ? L’autofiction il connaît. Il a déjà dézingué ses amours passagères dans les deux tomes de ses « Meufs cools » parues aux éditions Les Rêveurs. Cette fois, il se penche sur sa condition de père divorcé. Salch a trois enfants. Les deux derniers, des garçons, partent avec lui dans une petite maison de sa tante en Corrèze. Quinze jours loin de tout. Les gamins s’ennuient. Lui tente de se remettre en forme en faisant du sport, en stoppant les bières (pas longtemps...) et surtout en décidant de dessiner des décors réalistes. Un petit chemin caillouteux notamment. Il raconte, sans la moindre concession ses errements de père trop cool, son rejet de la famille, sa passivité et aussi ses énervements. Sorte de manifeste d’anar’ d’aujourd’hui, rejetant notre société tout en ayant parfaitement conscience de s’y vautrer en toute indécence. Souvent salutaire, parfois déprimant, mais avant tout hilarant.
➤ « Le petit chemin caillouteux », Fluide Glacial, 13,90 €

18/03/2017

De choses et d'autres : Salch, prince du look

 

look book,salch,fluide glacial,fils de pute


Parfois dans cette chronique je me demande si je ne vais pas trop loin en étrillant certaines de mes victimes. Je ne suis pas foncièrement méchant. Enfin si, parfois, mais je refrène mes ardeurs sarcastiques.
À l’opposé, Salch, dessinateur humoriste, ne se donne absolument aucune limite dans l’outrance. Il vient de sortir son second Look Book chez Fluide Glacial. Il dessine en pied des individus (de CRS à hipster en passant par joueur de Pokemon Go) et détaille leurs habitudes vestimentaires par des flèches et de petits textes. Sa particularité, manier l’insulte sans modération. Cela donne un nombre considérable de « fils de pute » pour désigner au choix, des baskets, un pantalon de velours, un tatouage ou une coupe de cheveux qui peut aussi parfois être « de merde ». Bref, Salch n’aime personne. Des caricatures odieuses mais qui souvent font mouche. On peut même se reconnaître au gré des 100 pages.
Et l’auteur devient carrément visionnaire quand il présente le « look primaire de droite » dont le « costard sombre de fils de pute qui veut appauvrir les pauvres ». Il aurait pu ajouter « offert par un ami, et alors ? »