11/08/2017

DVD et blu-ray : « Osiris », sacrifice dans l’espace

 

L’Australie doit son développement au travail des forçats exilés sur l’île-continent par la Grande-Bretagne. Cette histoire, peu glorieuse, se retrouve un peu en filigrane de « Osiris - La 9e planète », film de science-fiction de Shane Abbess.
Aux confins de la galaxie, Osiris est peuplée par quelques colons, aidés par le travail forcé des détenus. Mais derrière ces murs, sous couvert de rédemption de fortes têtes, les autorités profitent de l’éloignement pour réaliser des expériences génétiques. Les plus récalcitrants sont transformés en monstres sanguinaires quasi indestructibles. Une bonne façon pour dépeupler des planètes avant à l’arrivée des Terriens. Quand ces monstres sont libérés lors d’une mutinerie, il ne reste plus beaucoup de solution pour rétablir l’ordre : détruire Osiris dans le feu nucléaire.
Un militaire, Kane Sommerville (Daniel MacPherson) quitte la station spatiale en orbite contre les ordres de sa hié- rarchie pour tenter de sauver sa fille Indi âgée de 10 ans, restée au sol. Découpé en chapitres, le film offre l’avantage de ne pas s’embarrasser de scè- nes de transition. Quand la petite équipe de Kane dit, on va aller secourir Indi, deux secondes plus tard cela tire de partout.
Des créatures très réussies, avec de véritables acteurs à l’intérieur. Il y a un petit côté Mad Max, avec barjots crados et désert à gogo. Et les passionnés se délecteront du making-of très détaillé.
➤ « Osiris - La 9e planète », Wild Side, 19,99 € le DVD, 24,99 € le blu-ray

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22/01/2017

BD : Mondes en perditions dans « Orbital »

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Si la science-fiction a tant de succès en bande dessinée, la « faute » au talent de certains dessinateurs. La série « Orbital » par exemple est portée par un scénario efficace de Runberg mais surtout par le dessin incroyablement spectaculaire de Pellé. Comme un Mézières ou un Léo, il semble venir d’un autre monde, de ces planètes peuplées d’aliens aux formes étranges et fascinantes. Chaque case de toutes les planches, en couleurs directes, mérite d’être agrandies et encadrées. De l’art. Tout simplement. Pour ce 7e titre, première partie de la quatrième mission, Caleb l’humain et Mézoké la sandjarr sont en fuite. Ils viennent de subtiliser des larves nakruides réputées pour leur pouvoir de rendre quasi immortel. Mais les Névronomes, des vaisseaux spatiaux vivants, attaquent plusieurs planètes. Seul Caleb peut les comprendre. Il va devoir réintégrer son unité de police de l’espace pour tenter d’arrêter cette guerre.

➤ « Orbital » (tome 7), Dupuis, 14,50 €

 

 

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21/07/2016

Livre : En attendant la lumière sur Eden

Le second tome du récit de SF de Chris Beckett poursuit l'exploration d'une civilisation renaissante sur une planète sans soleil. Eclairant.

 

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En imaginant « Dark Eden », Chris Beckett a marqué des points dans l'imaginaire des passionnés de science-fiction. Un peu comme Robert Charles Wilson et son « Darwinia », tel un dieu, il a créé de toutes pièces un monde dans lequel les humains peuvent vivre tout en étant totalement déboussolés. Eden, planète inconnue au centre du premier roman (parution chez Pocket) et du suivant, « Les enfants d'Eden », est plongée dans le noir. Pas de soleil pour lui apporter lumière et vie. Pourtant il existe une atmosphère, un climat tempéré, de la végétation et une faune importante. Toute la vie de la planète vient de la lave de ses entrailles. Les arbres en tirent leur sève, la transforme en feuilles ou fruits lumineux. Les animaux aussi, tels certains poissons des abysses terriens, fabriquent leur propre lumière.

 

A la base, un vaisseau spatial s'écrase sur ce monde entre ténèbres et brillances. Des astronautes survivent. Lassés d'attendre en vain des secours, ils recréent une société, ont des enfants. Qui eux mêmes ont d'autres descendants. Bref, c'est l'histoire d'Adam et Eve qui se répète. Mais en vrai, problèmes de consanguinité non évacué. Quelques générations plus tard, la communauté se sépare. Certains veulent explorer la planète, d'autres préserver les acquis. « Les enfants d'Eden » se déroule après le grand schisme entre les partisans de David et de John raconté dans le premier tome. On suit l'envie de nouveauté de la jeune fille nommée Etoile. Repérée par le descendant direct de John, elle devient la porteuse de l'anneau. Une simple bague, dernier vestige de la toute première femme d'Eden, Angela, devenue Gela au fil du temps.

En autarcie

Chris Beckett délaisse un peu la flore et la faune pour se consacrer sur les personnages. Entre croyances moyenâgeuses, interprétations aléatoires du passé et lutte du pouvoir, on assiste à une redite en accéléré de tous les maux de la regrettée Terre. Étoile, trop naïve, se retrouve entraînée dans une fuite en avant où les forces du passé ne supportent pas les idées nouvelles de justice et d'égalité. Un petit précis de politique qui aborde sans tabou l'eugénisme, le machisme ou tout simplement la démocratie, si dangereuse dans certaines société trop habituées à subir au lieu de décider.

Ce n'est pas forcément optimiste pour notre propre monde. Pour Chris Beckett, le salut semble définitivement dans le repli sur soi, dans de petites communautés vivant en autarcie. Un grand plaidoyer contre la mondialisation...

« Les enfants d'Eden » de Chris Beckett, Presses de la Cité, 22 €.

 

09/05/2015

BD : Rollergirl sur Mars

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Connue pour ses histoires underground américaines, Jessica Abel change totalement de style dans « Trish Trash » dont la première partie vient de paraître chez Dargaud. Même si elle conserve le format comics, elle étend son histoire qui comptera trois parties. Trish c'est le surnom de Patricia quand elle endosse sa combinaison de joueuse de hoverderby, la version moderne du roller derby, ce sport de contact ou des patineuses jouent des coudes pour tourner plus vite que leurs adversaires. L'action se déroule dans une futur proche sur Mars. La planète rouge, en voie de terraformation, permet à quelques fermiers de survivre difficilement. Trish vit chez son oncle et sa tante depuis la disparition de ses parents. Elle a 15 ans, ne supporte plus les travaux pénibles et rêve de devenir une vedette de l'équipe locale. Le récit se déroule sur deux niveaux. Un premier, purement sportif qui fait très américain, un second, beaucoup plus intéressant, sur le mode de vie sur Mars, le quasi esclavage des colons et le mystère entourant les indigènes. Totalement dépaysant et rafraîchissant car la fougueuse Trish ne se laisse pas faire, ni dans sa vie ni sur la piste.

« Trish Trash » (tome 1), Dargaud, 12,99 €

 

 

 

07:16 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trish trash, mars, sf, abel, dargaud

01/04/2015

BD : Les explorateurs galactiques du "Futura" de Kraehn

 

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Jean-Charles Kraehn est un auteur prolixe et talentueux. Il enchaîne les séries et les succès. De « Bout d'homme » à « Tramp » et passant par « Gil Saint-André » il a tâté de tous les styles. Il lui manquait cependant une corde à son arc : la science-fiction. C'est chose faite avec la série « Futura » éditée par les éditions Paquet. Les mauvaises langues diront que cela ressemble fort à du Léo mâtiné d'Avatar de James Cameron. Pas faux, mais trop réducteur. Kraehn, qui assure scénario et dessin, apporte une touche très personnelle, notamment dans la psychologie des personnages, sa marque de fabrique. Trois jeunes, deux garçons, Bart et Théo, et une fille, Chérine, volent une navette pour aller de l'autre côté de la zone connue, en terra incognita. L'action se déroule sur une planète lointaine où un ordre religieux règne en maître. Personne ne doit aller au-delà de la limite. Les intrépides désobéissent et découvrent une nature généreuse mais hostile, avec monstres marins, grosses bêtes agressives et même tribu primitive. Ils devront affronter une myriade de dangers avec en plus le risque de ne jamais plus pouvoir revenir à la civilisation.

 

« Futura » (tome 1), Paquet, 13,50 €

 

09:05 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kraehn, futura, sf, paquet

28/04/2014

Livre : "Destination ténèbres" de Frank M. Robinson en poche

 

 

Destination ténèbres, robinson, denoel, lunes d'endre, folio, sfConsidéré comme un des classiques de la science-fiction américaine, « Destination ténèbres » de Frank M. Robinson, paru en 1991, est enfin disponible en France au format poche dans la collection Folio SF. Ce thriller spatial emmène le lecteur aux confins de l'espace, si loin de la terre. Le roman débute par l'exploration de Séthi IV. Sur cette planète hostile, le jeune Moineau dévisse en escaladant une falaise. Sa combinaison fuit. Il se sent mourir. Ecran noir. Il se réveille dans l'infirmerie de l'Astron. Amnésique. Il ne se souvient que de l'accident. Rien sur sa vie d'avant. Avec ses yeux et sa sensibilité, le lecteur va découvrir la vie à bord, les différentes communautés (en fonction des emplois), les travaux obligatoires, la tyrannie du capitaine Fusaka et surtout l'existence d'une mutinerie embryonnaire. Ce huis clos obsédant est mené de main de maître par Frank M. Robinson, scénariste de la tour infernale. (Folio SF, 8,90 €)

 

05/02/2014

BD : Naufragés des glaces sur Sibéria 56

 

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Comment survivre sur une planète hostile ? Cette question est à la base de nombre d'œuvres de science-fiction. Dans « Sibéria 56 », Christophe Bec, le scénariste, apporte sa vision, magistrale et spectaculaire, sur des dessins d'Alexis Sentenac. Sibéria est la 56e planète de précolonisation terrienne. Une base scientifique y est installée depuis quelques années. La relève arrive. Mais la navette avec quatre astronautes dedans est prise dans une tempête de glace. L'engin se crashe à des kilomètres de la base. Ils devront faire le trajet à pied, dans des combinaisons performantes mais qui ne les mettent pas à l'abri de tous les dangers de ce monde hostile. Il y a un peu d'Alien (le groupe diminue au fil des jours), de Dune (de gros vers affamés chassent les petits humains) et de la planète interdite (le principal ennemi est quasiment invisible). Toute une ribambelle d'hommages à un genre que Bec raffole. Et comme il est excellent dans son domaine, le tout est cohérent et original alors que cela aurait pu tourner au bête plagiat. Grâce aussi aux dessins de Sentenac, très à l'aise dans ces décors de glace et de désolation.

 

« Sibéria 56 » (tome 1), Glénat, 13,90 €

 

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02/03/2013

Livre : Ultime hurlement de Glen Duncan

Dépressif, pourchassé de toute part, Jake n'en peut plus. Le dernier loup-garou ne fêtera pas ses 200 ans dans le roman de Glen Duncan.

 

dernier Loup-Garou, Glen Duncan, Denoël, SFJake Marlowe n'a pas le moral. Il vient d'apprendre que Wolfgang le Berlinois vient d'être abattu. Il ne le connaissait pas particulièrement et n'avait pas plus d'accointances. Simplement il était comme lui : un loup-garou. Et comme il ne restait plus qu'eux deux, Jake est le dernier de l'espèce. Et le prochain sur la liste. Mais a-t-il encore l'envie de se défendre, de perpétuer cette abomination mensuelle ?

Ce roman de Glen Duncan a de faux airs fantastiquo-romantique. A l'opposé des vampires, les loups-garou n'ont rien de charmant. Au contraire, une fois transformés, c'est la bête affamée qui prend le dessus. Jake est distingué et prévenant en permanence. Sauf les nuits de pleine lune. Il se métamorphose, cherche une proie, la tue et la dévore. C'est ainsi depuis plus de 150 ans. Logique qu'il soit un peu las. Quand en plus vous apprenez que les meilleurs limiers de la Chasse, le nom usuel de l'OMPPO (Organisation mondiale pour la prédation des phénomènes occultes) sont à vos trousses, le coup de mou est d'autant plus prononcé.

En apprenant qu'il est le dernier, Jake est résigné. Au fond de lui, du reste d'humanité subsistant, il est presque soulagé car « par moments, une puanteur interne s'élève en moi, celle de toute la viande, tout le sang qui ont dévalé mon gosier, l'odeur de tous les tas de chair où j'ai enfoui le museau, toutes les entrailles où j'ai fourragé et dont je me suis gorgé. » L'homme n'a pas choisi d'être loup. Même si au fond de nous, il subsiste toujours une forte part animale.

 

Filles antipathiques

Glen Duncan a découpé son roman en deux parties équilibrées. Interrogation de Jake au début. Le combat vaut-il le coup ? Comment en en est-il arrivé là ? On apprend qu'une nuit au Pays de Galles, ce jeune Anglais distingué, filant le parfait amour avec Arabella, a croisé la route d'un loup-garou. Poursuivie, la bête mord superficiellement Jake et ne prend pas la peine de le dévorer. Un mois plus tard, Jake comprend que sa vie bascule. La transformation est physique, mais aussi mentale. Il s'éloigne de sa jeune femme. Une force irrésistible. Sans le comprendre il cherche à la protéger. Car une fois métamorphosé, son amour se transforme en faim...

Dès lors, Jake jure de ne jamais plus tomber amoureux. Il se contentera de filles antipathiques. Comme Madeline, sa partenaire du moment, « menteuse, matérialiste, pétrie d'autosatisfaction, débordante d'axiomes imbéciles, experte en clichés. » Difficile de se lier à ce genre de femme, même si elle a « la peau blanche, les yeux verts, un torse court et de petits mamelons alertes de chatte. » Oui, ce roman est fantastique, mais aussi très osé par moment.

La seconde partie du récit se concentre sur la traque de Jake. Alors qu'il est sur le point d'abandonner, il va croiser la jeune et belle Tallula. Le doute s'immisce dans son esprit : et s'il n'était pas le dernier ?

Michel LITOUT

« Le dernier loup-garou », Glen Duncan, Denoël, 22,50 €


 

14/02/2013

BD : L'enfant et les Dieux dans "Indicible" (Soleil)

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« Les Dieux noirs », premier tome de la série « Indicible », a des airs de super production américaine. De ces films qui ne lésinent pas sur les destructions de villes et les explosions en tout genre. Comme c'est de la BD, cela coûte beaucoup moins cher. Et quand c'est bien dessiné, c'est encore plus efficace. Efficace, un terme qui colle parfaitement au travail de Ruizgé, l'illustrateur de cette série de SF de Patrick Renault. Tout commence par une expérience ratée dans un centre de recherche de l'armée américaine. Ensuite des phénomènes étranges détruisent des villages puis des villes. Panique au plus haut niveau quand un homme apparaît dans la pièce où se trouve le président des USA. Une négociation débute. L'homme détruira la planète si on ne lui remet pas le jeune Kyle. Kyle, rescapé d'un accident de voiture, prend la fuite. Une course poursuite semée de morts. Du grand spectacle pour une BD très sombre.

« Indicible » (tome 1), Soleil, 13,95 €


21:23 Publié dans BD, SF | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : indicible, soleil, ruizgé, renault, sf

07/01/2013

BD : Yoko Tsuno de retour dans le passé

 

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Électronicienne japonaise, exploratrice de l'espace, aventurière pleine d'humaniste, Yoko Tsuno pour cette nouvelle aventure endosse le costume de voyageuse dans le temps. « Le maléfice de l'améthyste », 26e titre de la série créée par Roger Leloup il y a plus de 40 ans, débute de nos jours en Russie mais se poursuit rapidement en Écosse dans les années 30. Avec la jeune Emilia, elle va aller dans le passé pour récupérer une mystérieuse pierre précieuse. Une aventure se déroulant beaucoup dans les airs, au manche de ces vieux coucous que Roger Leloup admire tant.

« Yoko Tsuno » (tome 26), Dupuis, 10,60 €


14:57 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : yoko tsuno, leloup, sf, dupuis