05/09/2017

Rentrée littéraire : Travestissements avec Eric Romand et Jean-Michel Guénassia

Comment s’affirmer quand on est enfant et que l’on sent sa différence ? Cette interrogation est au centre de ces deux romans de la rentrée littéraire, avec deux cas très particuliers qui ont pourtant quelques points communs. Là où Éric Romand se nourrit de sa propre histoire pour raconter l’enfance de ce petit garçon émerveillé par les tenues de Sheila et irrésistiblement attiré par ses copains de classe, Jean-Michel Guenassia imagine le personnage de Paul, androgyne que l’on prend pour une jeune fille mais qui est tout sauf gay. Malgré l’évolution des mœurs et l’ouverture de notre monde, cela fait quand même à l’arrivée des cabossés de la vie, perpétuellement en recherche d’amour et de reconnaissance.



Eric Romand, venu à l’écriture par le théâtre, signe un premier roman très poignant. Déroutant aussi. Il raconte, presque avec ses mots d’enfants, comment il se découvre homosexuel, « tantouse », comme lui crie son père. Un père compliqué, intolérant. Jamais il ne se comprendront. Ce roman, en plus de l’exploration de ses premiers émois sexuels, est aussi une sorte de mise au point de son histoire familiale. Comme le titre l’indique si bien, mettant au même niveau père, mère et Sheila. Un texte fort, cru et révélateur d’une certaine époque, le jeune Romand vivant dans un milieu populaire durant les années 70-80.



Beaucoup plus actuel et distrayant le récit de Jean-Michel Guenassia. De nos jours, Paul est élevé par ses deux mamans. Il y a Léna, la mère naturelle, tatoueuse et Stella, la compagne, patronne d’un restaurant réservé aux lesbiennes.
■ Père invisible
Dans ce milieu exclusivement féminin, Paul, imberbe, a presque l’impression d’être lui aussi une fille. Et quand on lui donne du mademoiselle, il ne fait rien pour rétablir la vérité. Sa philosophie est d’une simplicité absolue : « L’ambiguïté me va comme un gant. C’est la preuve que l’important, ce n’est pas ce que vous êtes vraiment, ça les autres s’en foutent, l’important c’est l’image que vous donnez, ce qu’ils croient que vous êtes. » Et finalement être pris pour une fille, cela arrange Paul. Car les filles il adore et rien de tel que de faire croire qu’on est comme elles pour les approcher. Le problème : il tombe amoureux de lesbiennes qui elles aussi l’adorent jusqu’à la découverte de sa petite différence. Paul qui de plus a le malheur de n’avoir qu’un ami au collège, un premier de la classe qui est bleu amoureux de lui. Comment vivre son hétérosexualité dans ces conditions d’autant que Léna considère cette orientation sexuelle comme la pire des tares. La solution passe peut-être par la découverte de la vérité sur l’identité du père, l’absent, le fantôme.
➤ « Mon père, ma mère et Sheila » d’Eric Romand, Stock, 14,50 €
➤ « De l’influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles » de Jean-Michel Guenassia, Albin Michel, 20 €

14/11/2011

Twitte avec les stars

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Après la réalité augmentée, internet nous offre la télé commentée. Quand on regarde une émission, on ne peut s'empêcher de la commenter, critiques, louanges, voire moqueries. Jusqu'il y a peu, ces remarques se limitaient au cercle familial. Maintenant tout le monde peut en profiter grâce aux réseaux sociaux, Twitter notamment.

Samedi soir se déroulait en direct sur TF1 la demi-finale de « Danse avec les stars ». Et que ça twitte à tire-larigot. Deux mondes s'opposent radicalement. Les premiers degrés : « Baptiste il est trop beau » « Il faut sauver Sheila », et ceux qui mettent l'émission en perspective. Grâce à cette traduction simultanée, le show prend une tout autre saveur.

Ce samedi, le décolleté (plus que profond, abyssal...) de Sandrine Quétier, la présentatrice, fait beaucoup d'impression à Guy Birenbaum : « La dame qui présente est globalement à poil ». Pierre Courade redoute (avec le désir secret que cela arrive ?) « Faut qu'elle fasse attention Sandrine Quétier... On n'est pas loin d'un incident à la Sophie Marceau sur les marches de Cannes. »

Beaucoup se demandent aussi qui sont ces fameuses stars : « Les stars on les connais tellement pas qu'on prend les danseurs pour les vedettes. »

Et si la variété et la danse ne sont pas votre tasse de thé, rassurez-vous, selon @somebaudy, « Arte préparerait "Pense avec les stars" : BHL pensera avec Sophie Marceau, Michel Onfray avec Daniela Lumbroso, etc. » Alléchant !