23/03/2017

DVD : Rap et peinture dans "Tour de France"


Gérard Depardieu ne pouvait pas rêver de meilleur rôle pour son état d’esprit de ces dernières années. S’il a voulu s’exiler en Belgique, qu’il a pris la nationalité russe, ce n’est pas pour fuir la France et ses impôts. Plus justement, il veut être ailleurs, sur les routes, à la découverte du monde.


Dans « Tour de France », film de Rachid Djaïdani, il interprète Serge, un vieil homme fatigué, lancé dans un tour de France des ports de France. A chaque escale, des ports de la Manche à La Rochelle en passant par Sète ou Marseille, il reproduit une peinture de Joseph Vernet, peintre marin du XXIIIe siècle. Un voyage qu’il veut accomplir avec son fils. Mais ce dernier se décommande et confie le volant de la vieille camionnette paternelle à un ami : le rappeur Far’Hook (Sadek). Le tête à tête entre le Français aigri et le jeune arabe fait des étincelles. Mais rapidement les deux trouvent un terrain d’entente. Serge a besoin d’un chauffeur et Far’Hook, pris dans une embrouille entre bandes rivales, doit se faire oublier durant quelques semaines.

Le film, petit budget mais vrai road-movie, est parfois émouvant, parfois grave, voire énervant quand on détaille les histoires de rivalités entre rappeurs. Il est aussi un peu moralisateur.
Reste Depardieu. Excellent. Toujours excellent. Sa masse, ses murmures, ses emportements. Certes il fait du Depardieu, que du Depardieu. Mais il incarne si bien cette France un peu désuète, nostalgique et râleuse mais toujours aussi foncièrement bonne, solidaire et fraternelle. Ce n’est pas le frais minois de la Miss Univers qui devrait être pris pour modèle afin d’incarner la nouvelle Marianne mais la bonne bouille et le gros nez de Gérard Depardieu.
● « Tour de France », Studiocanal, 19,99 €

16/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Un grand Tour (3/3)

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Le succès du Tour de France doit aussi beaucoup au direct. Malgré le dopage, les stratégies d'équipe et autres recours à la technologie de pointe (les oreillettes, pas les moteurs miniaturisés...), l'incertitude du sport y est érigée à son plus haut niveau. Parmi les grandes dates, l'arrivée main dans la main de Greg Lemond et Bernard Hinault au sommet de l'Alpe d'Huez.

En 1980, à Courchevel, les spectateurs découvrent étonnés un maillot jaune à côté de l'échappé du jour et futur vainqueur. En réalité il s'agit d'un indépendantiste basque, parvenu, dans les 800 derniers mètres, à s'immiscer au cœur de la course. Malgré sa fraîcheur, il est rapidement distancé. L'imposteur parvient cependant à franchir la ligne d'arrivée sous une bordée d'injures du commentateur de l'époque.

Parmi les impondérables, les manifestations des « paysans en colère » font partie des valeurs sûres. Si aujourd'hui ils se contentent de compositions dans les champs à base de vieilles machines et de bottes de foin, il fut un temps où ils ne plaisantaient pas. En 1974 dans les Landes, ils sèment des clous sur la route. Résultat, sur plusieurs centaines de mètres, les coureurs se retrouvent à pied, dans l'attente des voitures dépanneuses. Dernier exemple jeudi sur le final du Mont Ventoux où le maillot jaune, après une collision avec une moto, parcourt une partie du chemin au petit trot. En cause cette foule massive, excitée, incontrôlable.

Après l'horreur de l'avant-dernière nuit sur la Promenade des Anglais à Nice, espérons qu'un fanatique en mal de reconnaissance n'écrive pas une nouvelle page noire du Tour de France.

15/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Un grand Tour (2/3)

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Le Tour de France, comme le festival de Cannes ou le Tournoi des VI nations, rythme le passage des années. Premiers souvenirs télévisuels. Quand la première et la seconde chaîne se partageaient étrangement les droits sportifs. Sans doute pour ne pas faire jaloux, TF1 et Antenne 2 retransmettaient à tour de rôle l'étape du jour. Commentateurs différents, mais même réalisation déjà de haute volée de la défunte SFP (Société Française de Production).

Premier contact réel dans les années 80. Le peloton file dans les Landes girondines. J'ai marché un petit kilomètre dans les pins pour le voir passer. Du soleil, des klaxons, des couleurs : quelques secondes trop brèves. Le soir, dans le journal du Tour, je reconnais la longue ligne droite entre Sauternes et Villandrault. Comme des millions et des millions de Français, je ne suis pas allé voir le Tour de France, c'est la Grande Boucle qui est venue chez moi.

Devenu adulte, il m'est parfois arrivé de vivre et travailler dans des villes étapes. Pau par exemple. Moins charmé, je pestais à cause des difficultés de stationnement ou de la surcharge de travail. Une fois, à Sainte-Marie-la-Mer, heureusement de repos, je n'ai pas quitté l'appartement si ce n'est pour regarder du balcon les hélicoptères de la télévision survoler le littoral.

L'an dernier, j'ai carrément adapté un séjour en fonction de la date de passage du Tour en Aveyron. Pas pour voir les coureurs. Au contraire, juste pour arriver bien avant le grand chambardement. Car le Tour, plus le temps passe, plus je ne l'apprécie qu'à la télévision.

14/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Un grand Tour (1/3)

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Le Tour de France exerce une forte fascination sur des millions de Français. On pourrait croire qu'il est question de performances sportives, d'exploits individuels, de « cocorico ».

Plus prosaïquement, on a tous un souvenir, soit de passage du peloton près de chez soi, soit de découverte de paysages grandioses au cœur du pays, sans parler des endroits connus et que l'on se plaît à retrouver dans le direct télé. Mardi, en quittant les Pyrénées pour rejoindre le pied de la Montagne noire, la grande boucle a traversé le Lauragais. Région que j'ai longtemps écumée en « localier ».

Une bouffée de nostalgie, à près de 45 km/h. Il me semble reconnaître la descente vers Villeneuve-la-Comptal. Route incontournable pour aller couvrir les reportages dans la Piège. J'ai droit à deux passages pour cause d'échappée. En ville, la remontée le long du cours de la République me permet de revoir d'un côté les cafés, de l'autre la Halle aux Grains, l'agence du journal à moins de 50 mètres. Des centaines de spectateurs. J'essaie de distinguer des visages, des façades. Juste une impression d'ensemble, mais reste intact le plaisir d'être téléporté durant quelques secondes dans des lieux que l'on a arpenté des centaines de fois.

L'étape se poursuit route de Revel. Cette longue ligne droite que je prenais tous les jours pour aller travailler. Une dernière vue aérienne me fait craquer : le moulin du Cugarel, la Collégiale, le grand bassin au loin. Toute la magie des images du Tour, entre découvertes et souvenirs personnels. (A suivre)

25/07/2013

BD : Génie à deux roues

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Dans la caravane du tour de France 2013, une BD était à l'honneur, le 44e tome des aventures humoristiques de Léonard par Turk et De Groot. Estampillé « Album officiel », « Tour de génie » débute par une longue histoire complète de 30 pages sur l'invention de la Grande boucle par notre génie préféré. De la caravane publicitaire aux sponsors en passant par l'UCI, tout sort de l'intelligence phénoménale de Léonard. Et tout est testé par son pauvre disciple, pas à la fête durant les premiers tours de roues. Par chance Léonard inventera également un breuvage à base d'épinards, de piments et d'oignons : le fameux EPO. On parle donc beaucoup dopage dans cette suite de gags. Pas sûr que tout le peloton apprécie cet humour pourtant très fin. Les dernières pages sont occupées par des gags classiques, toujours aussi efficaces tant au niveau du scénario que du dessin typiquement « gros nez » de Turk.

« Léonard » (tome 44), Le Lombard, 10,60 €


 

 

26/06/2013

BD : Vélo éternel selon Garréra et Julié

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Jean-Luc Garréra et Alain Julié sont installés depuis des années dans l'Aude, à Coursan exactement. C'est là que sont imaginés les gags des Vélomaniacs, une série vedette de chez Bamboo. Le 9e recueil rend hommage aux 100 ans du tour de France et du vélo sportif. Cela donne une histoire complète sur l'histoire du vélo, entre délires préhistoriques et affirmations approximatives. Ensuite les cyclistes vont reconnaître les routes de Corse, île où sera donné le départ du prochain Tour. Quelques gags « traditionnels » savoureux. Et puis les Vélomaniacs accueillent pour la première fois des cyclistes féminines. Julié a pris visiblement beaucoup de plaisir à dessiner leurs courbes sportives.

 

« Les Vélomaniacs » (tome 9), Bamboo, 10,60 euros