07/04/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : 148 contre 150

Bien que le printemps soit bien installé, les morts (telles les feuilles) se ramassent à la pelle. L'actualité ne fait pas de cadeau en cette année 2015 en passe de remporter tous les records en matière de nouvelles macabres.

Après Charlie, Dropped et la Tunisie, on pensait en avoir terminé avec les attentats et autres accidents effarants. Mais cette année est définitivement placée sous le signe d'un karma tragique. Un avion se crashe dans les alpes : 150 morts. Des islamistes attaquent une université au Kenya : 148 morts. Si le bilan est quasiment identique, l'ampleur de l'émotion l'est moins. Les suites aussi.

La folie d'un copilote a obligé toutes les compagnies aériennes à revoir leurs pratiques en vol (deux personnes en permanence dans le cockpit). Les familles des victimes seront « aidées à vie » et une stèle est érigée au pied de la montagne. Au Kenya, les cadavres encore chauds sont pourtant déjà oubliés. Il faut que le pape fasse une piqûre de rappel lors de sa bénédiction Urbi et Orbi pour que ces étudiants chrétiens, abattus comme des chiens par les terroristes shebab, nous reviennent brièvement en mémoire.

Pourquoi ces 148 morts du Kenya ne font-ils pas le poids face aux 150 de la Germanwings ? Le phénomène de proximité doit jouer un peu. Tout comme celui d'identification. Le Français de base a plus de chance de voler sur une compagnie low cost que de dormir dans une résidence universitaire. Qui plus est africaine. Injuste la vie et sa ronde de morts aléatoires. Forcément injustes aussi.

02/09/2013

ÇA BRUISSE SUR LE NET : Boris, slip, espèces

 

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Pour la reprise de cette chronique quotidienne sur les dérapages et autres errements du monde virtuel, je me devais de frapper fort. L'actualité dans sa grande mansuétude m'offre un sujet en or, de ceux qui nous font penser qu'un « bon client » le reste à vie. Boris Boillon sera donc la première victime de cette nouvelle saison encore plus impitoyable que les précédentes (roulements de tambour !).

Boris, fringant arabophone au charme incontestable, tape dans l'œil de Nicolas Sarkozy. Conseiller diplomatique du ministre de l'Intérieur, il est propulsé fort logiquement ambassadeur après 2007 (souvenez-vous, Sarko président). Irak, Tunisie. Premier coup d'éclat, monsieur l'ambassadeur pose en slip de bain, pectoraux et biscoteaux luisants, sur le réseau social Copains d'Avant. La toile rit. Les Tunisiens, eux, le prennent en grippe. Première conférence de presse du représentant du pays des Droits de l'Homme dans le pays fraîchement libéré de Ben Ali. Boris rétorque sèchement aux journalistes locaux : « Je ne répond pas aux questions débiles. » Et question débilité, Boris se pose un peu là, lui qui est allé défendre Kadhafi sur les plateaux de télévision français. Bref, Boris quitte son poste d'ambassadeur en 2012 (souvenez-vous, Hollande président) pour se reconvertir dans les affaires. Dans ce cadre, le susnommé Boillon est pris par la patrouille, fin juillet à Paris dans le train de Bruxelles, 350 000 euros en liquide dans ses valises. Somme colossale, non déclarée évidemment... Un bon client je vous dis.