23/02/2017

De choses et d'autres : De Mehdi à Marcelin


A l’affiche depuis hier au cinéma, le film « Split » de M. Night Shyamalan raconte l’histoire d’un homme qui a 23 personnalités cohabitant dans son esprit. Une schizophrénie extrême terrifiante. Mehdi Meklat semble, lui aussi, souffrir de cette maladie mentale. Le jeune homme, célèbre depuis ses interventions sur le Bondy Blog, est la coqueluche des médias. Il assure une chronique sur France Inter et vient de publier un roman au Seuil.
A priori l’exemple même du jeune de banlieue qui s’en sort, tout en restant fidèle à son milieu d’origine. Problème, Mehdi est aussi Marcelin. Une schizophrénie issue des réseaux sociaux. Quand il s’est lancé sur Twitter, Mehdi, pas encore connu, a utilisé le pseudonyme de Marcelin Deschamps. Et ses messages étaient tout sauf des appels à la tolérance. Diatribes antisémites, appel au meurtre de Charb, misogynie exacerbée et apologie du terrorisme.
Devenu connu, Mehdi a repris son nom d’origine. Mais les tweets sont restés. Une fois le pot aux roses découvert, il s’est justifié en disant qu’il s’agissait d’un personnage fictif. Histoire d’explorer « la notion d’excès et de provocation ». Pourquoi pas, les comptes parodiques sont légion sur Twitter. Mais encore fallait-il le préciser d’entrée. Pris au premier degré, ces messages de haine ont conforté dans leur position radicale certains lecteurs. Et au final, Mehdi Meklat n’aura fait qu’amplifier la tendance détestable de la libération de la parole raciste. 

15/11/2016

De choses et d'autres : Quand Alain Juppé manie l’ironie après sa sortie sur le Prisunic

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Dimanche, invité sur France 3, Alain Juppé a commis une bourde énorme, colossale, quasiment éliminatoire dans la course à la présidence tant elle est révélatrice de son incompétence. Pour parler du revenu universel il ose cette comparaison : « Est-ce que tout le monde va le toucher, de madame Bettencourt jusqu’à la vendeuse de Prisunic ? » Oui, vous avez bien lu : Prisunic ! Immédiatement les gardiens de la modernité s’offusquent. Quel homme politique prétendant devenir président cite des magasins qui n’existent plus depuis 15 ans ? Totalement hors sol. Car oui, sur les réseaux sociaux, le débat se résume à des détails de cet acabit (cf les chocolatines).

Le maire de Bordeaux, si souvent brocardé pour son grand âge et son sérieux de croque-mort réplique en maniant une ironie digne d’un maître es communication. Hier matin sur RTL, après avoir admis qu’il ne se rend plus au Prisunic mais au Monoprix faire ses courses, il se lance dans un véritable sketch pince-sans-rire : « Je bats ma coulpe. J’ai fait une énorme connerie. C’est épouvantable. Ça disqualifie ma candidature à la présidence de la République, je le reconnais volontiers. »

Se moquer des moqueurs, quelle jolie réaction. Car à la fin de son intervention il en rajoute une couche : « Quand on est maire depuis vingt ans, on sait ce que c’est que - pardon, à nouveau, les supérettes de proximité. Mais c’est peut-être pas comme ça que ça s’appelle... » 

26/10/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Copé casse les prix des chocolatines

 

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Déraciné, hors-sol, au pays des Bisounours... Les expressions ne manquent pas pour décrire la sortie de Jean-François Copé lundi matin au micro d’Europe 1. A la question toute bête d’un auditeur lui demandant combien coûte un pain au chocolat, le candidat à la primaire, qui avait déjà abordé ce problème des chocolatines pour dénoncer une certaine pression de l’immigration, a répondu, après une longue hésitation, de 10 à 15 cents pièce. Franchement, si ce boulanger existe ailleurs que dans son imaginaire fantasmé, je suis preneur. Car j’adore les chocolatines. Et je sais, moi, qu’elles valent huit fois plus cher. Même achetées en lot, jamais je n’en ai trouvées de si bon marché.

Pauvre Jean-François Copé, si content d’être à nouveau sous les projecteurs après ses déboires judiciaires. Une bête histoire de viennoiserie vient plomber tout son plan com’. Moqué sur les réseaux sociaux, il a tenté de rattraper le coup en faisant de l’humour sur le fait qu’il surveillait sa ligne.

Mais les électeurs, qui visiblement fréquentent plus souvent que lui les boulangeries, se montrent impitoyables. Vu sa propension à minorer les prix, il est logique que la facture de Bygmalion ait explosé si rapidement. Et certains de se souvenir, perfides, qu’il fut ministre du Budget sous Sarkozy. Comme on dit familièrement, il « tenait les cordons de la bourse ». Comment s’étonner dès lors que l’État soit en faillite depuis si longtemps ? 

24/03/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Twitter et la génération Hashtag ont 10 ans

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Dix ans déjà. Dix ans que le premier tweet a été envoyé sur le réseau social devenu le symbole de l'immédiateté de l'information.

Pour ceux qui ne pratiquent pas Twitter et ne se considèrent pas de la "génération Hashtag", petite leçon de rappel.

Contrainte initiale, le message ne doit pas dépasser les 140 signes. Court, mais cela permet d'aller à l'essentiel. Premier atout : le réseau est ouvert. Tout le monde peut suivre tout le monde, sans avoir à en demander l'autorisation contrairement à Facebook. Second atout : on peut twitter de partout si l'on dispose d'un smartphone.

Pour se convaincre de l'utilité de Twitter, il suffit d'établir un bref récapitulatif des grands événements de ces dernières années. A chaque fois, c'est le tweet d'un témoin qui le premier a alerté la presse puis la planète. Parfois même sans le savoir quand un anonyme signale des hélicoptères militaires près de chez lui, sans se douter qu'il s'agit de marines US en train de mettre fin à la traque de Ben Laden.

De même, le 13 novembre, avant l'ouverture d'éditions spéciales sur les chaînes d'infos, des passants parisiens twittent pour signaler des coups de feu ou des mouvements de panique. Sans imaginer l'ampleur de la tragédie en cours. Twitter semble rétrécir les dimensions de la planète. Il y en a toujours un parmi les millions de "twittos" actif, à lancer l'info. Ensuite, l'effet boule de neige se met en branle.

Une modification essentielle de notre société de l'information, avec l'apparition d'un autre type de journalisme. En plus du travail de terrain, la veille tient une place essentielle.

10:57 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : twitter, 10 ans

29/12/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Endirait un mot

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J'ai beau jouer au mec qui aime les films, les trucs et les modes de jeunes, je n'en reste pas moins un vieux con. Dépassé, périmé, obsolète. Mon demi-siècle passé à ramer sur cette planète m'épuise, me brouille l'esprit.

Parfois j'ai l'impression d'être comme Mitterrand quand il a sorti le célibrissime « bléca » à Mourousi pour faire encore mieux que « chébran »... Sur Twitter je tombe de plus en plus sur des messages totalement incompréhensibles pour la vieille branche que je suis devenue. Me reviennent en mémoire les courriers de quelques lecteurs se plaignant de ma propension à parler de « bluetooth » alors qu'ils ne savent pas de quoi je peux bien causer.

Je me sens aussi démuni qu'eux en tentant de découvrir la signification du verbe « endirer » qui revient avec insistance dans les messages des utilisateurs de moins de 20 ans. Mais que veut dire une certaine Nadeege quand elle publie « Je vient de me réveille, j'ai les yeux shouter endirait une bourrée » ? Ou quand Safinou explique « Chu poser par terre dans la cuisine à Oumy endirait chu une vagabon » ?

 

Perplexe, je cherche la signification d'endirer dans le dictionnaire. Rien... Sur le net par contre, je découvre comment le conjuguer (nous endirerons au futur simple). Mais une note précise que de « ce verbe peut ne pas exister. » Et finalement l'illumination me vient. Il suffit de lire les messages à voix haute pour comprendre que « endirait » n'est que la déformation de « on dirait ». Nino Ferrer et son « Endirait le Sud » doit se retourner dans sa tombe.

 

15/08/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Viré !

Pendant que les aoûtiens (à ne pas confondre avec les aoûtats) se dorent la pilule sur la plage, les pauvres juillettistes sont de retour au boulot. Et s'y ennuient ferme. Conséquence ils consultent plus souvent Facebook ou Twitter que leurs dossiers. D'où le succès de la dernière tendance du moment : imaginer les pires phrases de licenciement. Savourons quelques-unes de ces situations cocasses, virtuelles jusqu'à preuve du contraire car au pays de l'humour noir, Twitter est roi. Florilège. « Ne pleurez pas, c'est juste une longue pause clopes de plus ». « Vous allez enfin pouvoir réaliser ce projet de Tour du Monde, c’est génial ! » « C'est OK pour votre augmentation. Mais de temps libre seulement. » « Restez chez vous et testez le télétravail, sans travail... » « Non Chang, 50 Ipads de l'heure à six ans et demi ce n'est pas une productivité acceptable. »

Certains relient leur trouvaille à la politique : « Comme Hollande se représente s'il arrive à faire diminuer le chômage, vous êtes viré ». L'exercice a aussi provoqué une overdose de jeux de mots douteux à base de « lit » de « 100 » et de « ciment ».

 

Des centaines de tweets et l'impression que plus personne ne travaille mais se contente de ruminer son possible licenciement. Décidément, août est un mois à part. Surtout si comme moi on doit travailler tous les jours et trouver des idées de chronique liées à une actualité définitivement atone : à trop tirer à la ligne je risque la faute grave. 

17/05/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Naufrage républicain

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Le retour en politique de Nicolas Sarkozy évoque une émission de téléréalité en manque de scénaristes inspirés. Sans doute pour se rapprocher de la fameuse « France d'en bas », ses conseillers le persuadent de répondre sur Twitter aux questions des internautes. Pour faire jeune, connecté, à l'écoute...

L'opération de communication autour de la création du nouveau parti « Les Républicains » se solde par une bonne tranche de rigolade. Des milliers de participants et une grande majorité de détracteurs. Sarcastiques voire méchants, beaucoup l'interrogent sur Bygmalion, l'argent, Kadhafi, les mises en examen et autres affaires judiciaires en cours. L'exercice s'annonce périlleux. Alors l'ancien président tranche. Il esquive les sujets qui fâchent et se concentre sur le sérieux, le concret, ce qui engage l'avenir de la France.

Enfin pas toujours, car il ressort également de ces échanges que Nicolas Sarkozy apprécie la série télé « Homeland », qu'il travaille à améliorer son revers au tennis et qu'il se tâte quant à sa participation à l'émission de Cyril Hanouna. Essentiel aussi : entre chien et chat, son choix est simple, il a les deux à la maison (émoticones de matou et toutou à l'appui)... pathétique.

Mais pas autant que l'intervention d'un certain @Sarko_Junior (Louis Sarkozy, son fils...) « Je peux avoir une plus grande télévision pour ma chambre ? » Sarko père de marchander : « Je suis prêt à échanger une plus grande TV contre la suppression de ton addiction à ton ordi. » Réponse retwittée des milliers de fois et moquée tout autant. 

02/04/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : L'Élysée tweete

elysée, licteur, twitter, francisqueLe service communication de l'Élysée vient d'ouvrir un compte Twitter. Le but : améliorer l'interaction avec les administrés et la presse. Lancé le 30 mars (au lendemain des élections départementales, comme c'est étonnant), il compte déjà plus de 15 000 abonnés.

Pour l'instant, l'essentiel des discussions porte sur le logo. Quoique stylisé, il n'est pas nouveau, mais bénéficie du coup d'une exposition plus importante. Et tout le monde de se demander ce qu'il représente. Avec pour impression majoritaire qu'il s'agit d'une francisque stylisée. D'autres y ont vu un avion en train de se crasher ou la tête casquée de... Goldorak.

Résultat, pour couper court à toute interprétation erronée, les communicants de la présidence de la République se sont fendus d'une explication historique. Depuis la chute de la monarchie, l'Élysée a pris pour symbole un faisceau de licteur, officier au service des magistrats et dont ils exécutaient les sentences. Il est formé "par l'assemblage de branches longues et fines liées autour d'une hache par des lanières." Durant l'occupation, le régime de Vichy a remplacé ce faisceau par une francisque.

A la libération, le faisceau fait son retour et dans les années 50, devient le symbole officiel de la république française. Toujours sceptique ? Regardez votre passeport ! Le faisceau de licteur y est imprimé en doré.

31/03/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le nom de l'emploi

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Mais qui sont ces aptonymes qui viennent de s'abonner à mon compte Twitter ? Explication en 140 signes : "Un aptonyme est un patronyme possédant un sens lié à la personne qui le porte, le plus souvent en relation avec son métier ou ses occupations".

Le compte propose régulièrement des exemples alliant burlesque et insolite. Le plus célèbre est certainement Joao Pippi Salle, urologue canadien. Plus près de nous, David Mélé, joueur de rugby, occupe le poste de... demi de mêlée. Édith Cresson, avant d'être la première femme Premier ministre en France a occupé le poste de l'Agriculture.

Chez le citoyen lambda, les associations sont tout aussi irrésistibles. Un certain André Perpette officie en tant qu'avocat, Rémy Brisemur maçon, le docteur Mac Donald s'est spécialisé dans la nutrition des enfants et Raymond Boudin, logiquement, a choisi la charcuterie comme épanouissement professionnel. Parfois, il faut l'ajout du prénom pour obtenir un aptonyme royal. Ce chauffagiste belge porte un nom qui sonne comme un slogan publicitaire pour ses installations : Gérard Manfroy.

Après avoir bien rigolé en parcourant ce compte Twitter, je me suis demandé pourquoi il avait décidé de me suivre. Et soudain l'illumination : je suis moi aussi un aptonyme qui s'ignore. En plus de cette chronique quotidienne, j'écris depuis une vingtaine d'années sur les nouveautés littéraires. J'aurais dû prendre un pseudonyme. J'ai bêtement gardé mon véritable nom : "Michel Litout, critique littéraire", interdit de se moquer !

17/06/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Mélanges malencontreux

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Il y a des jours où l'on mélange tout. Une confusion tenace s'installe telle une crise aiguë d'Alzheimer précoce. C'est ce qui a dû arriver hier à la personne chargée d'écrire les « urgents » en bas de l'écran de BFMTV. En pleine affaire de fuites des sujets du bac sur Twitter, une dépêche AFP annonce la sortie de Michaël Schumacher du coma consécutif à son accident de ski. Un coup de shaker plus tard, on peut lire cette incrustation qui bat toutes les précédentes fautes de français collectées sur un site internet : « Alerte info : Il n'y a pas eu de fuites des sujets de philosophie avant le début des épreuves, a affirmé Michael Schumacher. » On ne va pas jeter la pierre au pauvre malheureux, victime d'un court-circuit cérébral durant son opération de copier-coller. Cela peut arriver à tout le monde.

Par exemple, moi, hier matin. Je reçois deux courriers administratifs. Le premier du centre de dépistage du cancer du colon. Le second d'une société de convention d'obsèques. D'un côté ils ne veulent pas que je meure. De l'autre ils me disent clairement qu'il n'y a aucun espoir et qu'il vaut mieux que je prépare mes funérailles dès maintenant. La lecture attentive des modalités pratiques pour expédier, par la poste, un échantillon de mes « selles (caca) » (sic), me provoque un fou rire incoercible. Conséquence, moi aussi j'ai tout mélangé. Voilà pourquoi les croque-morts ont failli recevoir pour unique réponse à leur proposition de convention... des petites languettes recouvertes d'excréments.