15/06/2017

BD : "Les beaux étés" pour parfaitement se préparer aux vacances


Même les voitures ont droit à des petits noms. Par exemple, la Renault 4L de la famille des « Beaux étés » a été affublée, dès le premier grand voyage vers le sud, du sobriquet de « Mam’zelle Estérel ». Comment et dans quelles circonstances ? On l’apprend dans le troisième titre de la série écrite par Zidrou et dessinée par le Catalan surdoué Jordi Lafebre. La famille belge des Faldérault, en 1962, prend enfin deux semaines de vacances. Pierre, le père, rêve de Méditerranée. Mais comme il doit emmener avec lui les parents de sa femme, ce sera Saint-Etienne, ses églises et ses musées. Sans compter son hôtel, tenu par des Belges... Bonjour le dépaysement. On retrouve avec un plaisir évident le dessinateur doué mais manquant de reconnaissance et surtout d’un succès en librairie pour voir sa carrière décoller. Sa femme rêve d’émancipation, mais avec maman dans les jupes, ce n’est pas facile. Des deux enfants du couple, elles sont surtout passionnées par la bonhomie du papy, si gros, si doux. Un instantané bourré de nostalgie dans lequel on retrouve forcément un peu de notre vie.
➤ « Les beaux étés » (tome 3), Dargaud, 13,99 €

17/11/2016

DVD : Vacances partagées et agitées en "Juillet Août"

juillet, aout, diatème, vacances, diaphana

Les familles recomposées sont une nouvelle fois au centre d’une comédie française. Comme si le divorce était devenu une étape obligée dans la vie d’un couple.

 

 

Diastème s’empare du sujet pour le transformer en une tranche de vie tendre et émouvante portée par des acteurs en état de grâce. Elles sont deux sœurs. Inséparables, mais à cette période de la vie où on a plus l’occasion de se crier dessus que de partager ses bonheurs. Joséphine (Alma Jodorowsky) a 18 ans, est sérieuse tout en étant bien décidée de profiter de ces dernières vacances d’été avant sa rentrée en fac de Lettres. Laura, 14 ans, aimerait en avoir quatre de plus. Gamine qui se veut femme, elle rejette en bloc cette enfance qu’elle ne supporte plus. Comme chaque année depuis la séparation de leurs parents, c’est juillet en Provence et août en Bretagne. Juillet avec la mère (Pascale Arbillot) et août en compagnie du père (Thierry Godard).

juillet, aout, diatème, vacances, diaphana

Côté relation familiales, le film est en deux parties distinctes. Farniente au soleil du sud, au bord d’une grande piscine et villa de rêve dans un premier temps. Puis cours de voile sous la pluie et le vent quand le temps est venu d’aller en Bretagne. Dans le Sud, les filles sont libres. Très libres. Joséphine rencontre sur les quais trois jeunes vivant sur un bateau. Ils sont cools, mais pas si honnêtes que cela. Ce sera le fil rouge un peu « policier » qui permettra de faire le lien entre le Sud et l’ouest.

■ Petite musique

A côté ce sont les petites choses de la vie qui rythment cette période hors du temps. La menace de se retrouver en pension pour Laura qui multiplie les bêtises, la grossesse non désirée pour la mère, 44 ans, qui a refait sa vie avec un éditeur, beaucoup plus âgé et au bord de la faillite. Pour le père, il est fou amoureux d’une serveuse de restaurant, beaucoup trop jeune à son goût. Des moments savoureux et justes, ponctués de petites chansons résumant l’état d’esprit des différents protagonistes.

On relèvera au casting la présence de Lou Chauvain dans le trio des « bandits branquignols », actrice originaire de Perpignan déjà vue dans la série Peplum et plus récemment au générique du télé- film à succès « La main du mal ». Le DVD offre sept scènes coupées commentées par Diastème qui explique, en dé- tail, pourquoi elles n’ont pas été retenues au final dans le montage définitif.

➤ « Juillet Août », Diaphana, 19,99 €

 

29/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Bouchon dur

bouchons, autoroute, vacances, A9, belgique, pays catalan

470 kilomètres de bouchons sur les routes de France samedi pour le dernier chassé-croisé des vacances. Un chiffre abstrait sauf quand on se retrouve au cœur de ce grand embouteillage. Prudents, pour revenir dans le sud après une semaine de vacances, nous avons, mon épouse et moi, préféré anticiper et avaler vendredi les 1 195 kilomètres entre Oisquercq (Belgique) et Pollestres (Occi... pardon, Pays catalan). Bonne pioche à part un petit ralentissement à Montpellier. Radio bloquée sur le 107,7 Mhz, celle de l'autoroute, les incidents signalés ne nous concernent heureusement pas : beaucoup de morceaux de pneus sur la chaussée, un piéton sur le terre-plein central, un semi-remorque immobilisé suite à la rupture de son arbre de transmission et même un sanglier écrasé.

Passé Lyon, cela se complique. Mais uniquement pour les malheureux obligés de quitter le soleil du Midi pour les froidures du Nord (même si ce week-end, on y constatait des températures bien plus élevées). Sur trois voies et une cinquantaine de kilomètres, voitures et camions se retrouvent à l'arrêt. Un carambolage ? Non, selon les journalistes, de simples "ralentissements" dus à des "coups de frein". Même pas un embouteillage, encore moins un bouchon.

Il semble que dans ce milieu, un bouchon corresponde minimum à une heure d'immobilisation. Quand ce temps est dépassé (comme ce fut le cas samedi), la radio de l'autoroute parle de "bouchon dur". J'ai appris quelque chose. Par chance, je ne l'ai pas vécu.

Et maintenant, en route pour les nouvelles aventures de la rentrée.

17/10/2015

BD - Vacances en famille

 
 
Il est des histoires qui donnent du baume au cœur. Des récits simples comme le bonheur, celui des jours normaux et de la vie quotidienne. Trop souvent on ne se rend pas compte de cette joie de vivre, cette plénitude, cet équilibre. En refermant l'album de Zidrou et Lafèbre, on n'a plus d'excuses. Obligé de se souvenir des belles choses de son passé, de profiter du présent et d'envisager le futur avec sérénité. La faute à cette petite famille belge qui, en août 1973, est sur départ. Mado, la mère, a tout préparé. La 4L est pleine comme un œuf. Les quatre enfants, de l'ado au bébé, patientent dans l'entrée. Problème Pierre, le conducteur, n'est pas encore prêt. Il doit mettre les dernières touches de couleurs à sa bande dessinée. Cela fait trois jours qu'il travaille d'arrache-pied, courbé sur sa planche à dessin. Quand enfin il livre ses planches, c'est parti pour un mois de vacances au Sud de la France. Pique-nique au bord des routes et camping sauvage. Que du bonheur. Si l'on oublie que Pierre et Mado comptent divorcer à la rentrée... Entre nostalgie et réflexion sur l'amour qui fane comme les plus belles fleurs, cette histoire arrachera quelques larmes aux plus sensibles.

 

« Les beaux étés » (tome 1), Dargaud, 13,99 €
 

13:10 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dargaud, lefèbre, vacances, zidrou

29/07/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Lointaines vacances

vacances, kepler, espace, années-lumière

Il faut se rendre à la raison, les vacances sont terminées. Ma semaine à la campagne n'est plus qu'un lointain souvenir. Retour au train-train quotidien et dans quelques jours aux horaires de bureau. Mais à peine les valises déballées, on se met à rêver à de nouvelles destinations. « La Polynésie française » suggère mon épouse toujours prompte à la nostalgie et au romantisme. « On y a déjà vécu, répliqué-je. Quitte à aller très loin je te propose plutôt Kepler-452b. » Mon imagination, nourrie de centaines de romans de SF, tente de la convaincre. « Kepler452b est une exoplanète. Semblable à la terre, elle tourne autour d'une étoile comparable au soleil. Nous aurons une planète vierge pour nous tout seuls. Des continents à explorer, des plages désertes. Comme dans les romans de Brussolo ou les BD de Léo, on découvrira de nouvelles espèces animales ou végétales, des fleurs géantes d'une couleur inconnue et des êtres de lumière, aussi éphémères qu'un coucher de soleil, aussi beaux qu'une nuit de pleine lune. Des profondeurs des océans jailliront des mammifères doux et intelligents, comme les dauphins, mais en plus « lolcat ». Tels deux nouveaux Adam et Eve, nous vivrons dans un paradis pur et non souillé par les Parisiens ou pire, de pseudo-stars de la téléréalité. De vraies vacances de rêve, sans Tour de France ni Fort Boyard... » Elle me considère d'un air attendri, pianote sur l'ordi et me rétorque, ironique : « Chéri, Kepler452b est à 1400 km années-lumière de la maison. Soit un voyage de 1,3 million de kilomètres puissance 16. Ça va nous coûter un bras. »

28/07/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Mon GPS déraille

Cap au sud. Villégiature terminée dans ce département verdoyant du Nord de la région, retour vers le Languedoc chaud et sec. Si à l'aller, nous avions opté pour la route « Est », passant par le Pas de l'Escalette et le viaduc de Millau, pour rejoindre Perpignan, on opte cette fois en faveur du trajet « Ouest », via Toulouse et Castelnaudary. Comme à chaque périple de plus de 200 km, je sors le GPS de la boîte à gants et planifie le trajet. A l'aller, malgré une mise à jour des cartes, il a souvent déraillé, ne reconnaissant pas les infrastructures récentes. Rebelote en sens inverse. Un œil sur la route, un autre sur la carte en couleur, je me retrouve tout à coup dans les champs. En réalité nous circulons à 100 km/h sur une superbe 2x2 voies. D'après Oncle « Tom », nous sommes en pleine campagne, loin du trajet recommandé. S'il disait vrai, je devrais faire du gymkhana entre les énormes ballots de paille dispersés sur les chaumes ou slalomer parmi les troupeaux de ruminants. Par chance, le son est coupé. Sinon nous aurions eu droit à la voix féminine autoritaire « Faites demi-tour dès que possible ! », voire des cris d'hystérie (même si les machines paniquent rarement) : « Attention aux vaches ! » Les panneaux me confirme la bonne direction, je file et quand le GPS a enfin recalculé l'itinéraire je constate satisfait avoir gagné cinq bonnes minutes. Sympa le raccourci. Le plus impressionnant restera ce viaduc non répertorié. Si la formule avait été en mémoire, mon GPS m'aurait certainement dit : « Attention, vous venez de décoller... » 

10:24 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gps, route, vacances, retour

27/07/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Les fantômes du presbytère

Dernière escapade dans la verdoyante campagne de ce hameau d'un département rural de la région. Logés chez des amis, ils nous ont demandé, à notre arrivée, qu'elle chambre nous préférions. La bâtisse est effectivement grande et habituée à accueillir les grandes réunions de famille. Soit la belle et grande chambre à l'étage, dotée d'une fenêtre plein sud, soit la petite, au rez-de-chaussée, juste éclairée par un fenestron en partie caché par un rosier. Malgré son exiguïté en totale opposition avec nos trois énormes valises, mon épouse préfère cette dernière. Sachant qu'on n'y fera que dormir, elle a simplement testé les lits pour prendre sa décision. Le bon sens féminin l'emportera toujours sur l'impétuosité masculine. Comme nous sommes dans un presbytère, encore habité par le curé du village il y a moins de 40 ans, j'imagine sans peine que cette chambre, petite, spartiate et proche de la cuisine devait être dévolue à la bonne. La nuit je m'endors en pensant à cette vieille fille qui n'a peut-être jamais connu l'amour, esclave des temps anciens, sans congés payés et encore moins de RTT. De quoi cauchemarder. Mais pas autant que dans l'autre chambre. Elle était attribuée à la mère du curé. Vers la fin de sa vie, impotente, elle ne la quittait plus. Son fils avait alors fait abattre une partie du mur mitoyen entre église et presbytère pour qu'elle puisse assister, bien installée derrière un miroir sans tain, aux offices célébrés par son rejeton. Entre la bonne et la mère, devinez qui est venue hanter mes nuits dans le presbytère ?

24/07/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : La tour du rêveur

Nichée au fond du vallon, elle émerge des arbres, majestueuse. Une tour surmontée de verdure, dernier vestige d'un château en ruines. Visible depuis la petite route qui mène au hameau homonyme, elle m'a tapé dans l'œil par sa majesté et son faîte de buissons. Je n'ai qu'une envie : la voir de plus près. Il faut deviner, entre ronces et orties (mes mollets garderont quelques jours les traces de la balade), le début du chemin qui mène à sa base. Après l'asphalte brûlant, place à la fraîcheur de la sente qui serpente vers le petit torrent dont on devine le gargouillis tout en bas. Chênes et châtaigniers à la pente et masquent l'édifice. Un mur écroulé, un bout de rempart, me voilà enfin nez à nez avec elle. J'enjambe une ficelle, de celles qui servent à lier les bottes de foin, fais semblant de ne pas voir le panneau « propriété privée » et pénètre dans l'édifice par une ouverture dans la muraille effondrée. Haute de 30 mètres, la tour semble encore très solide. Le rez-de-chaussée donne par deux ouvertures sur le vallon. Vue à pic, calme et repos. Les graffitis sur les murs oscillent entre banale obscénité et déclaration d'amour. Mon imagination va plus loin. Lorsque le château était habité, que des gardes surveillaient les environs à l'affût d'envahisseurs. Je reste là à rêver quelques minutes. Je fais le plein d'images, de sensations, un peu déçu de ne pouvoir monter plus haut. Car si mon esprit est leste à s'envoler dans les siècles passés, mon corps, lui, m'empêche d'escalader ces murs de pierre branlants. La tour gardera une part de mystère. Ce n'est sans doute pas plus mal.

22/07/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Faune locale

Le marché nocturne, en plus de thésauriser les calories pour l'hiver prochain, favorise les rencontres. Soit dans les files d'attente (les glaces au lait cru et bio ont un succès bœuf), soit simplement en mangeant. Les immenses tablées favorisent la convivialité. Nous avons pris place au côté d'un couple de Britanniques venus décompresser le temps d'une soirée. Avec ce délicieux accent des anglophones vivant depuis longtemps en France (la « Birkin's touch ») monsieur, chapeauté de blanc, explique qu'il est artiste. Il vient d'apposer la touche finale à son exposition estivale dans le village. Nous n'avons pas le temps de l'interroger sur son style de prédilection qu'une amie le salue bruyamment. Moins chantant, l'accent pointu est estampillé Paris. La dame, depuis peu à la retraite, passe à présent tout l'été dans sa résidence secondaire. « Depuis quand êtes-vous arrivés ? Quand repartez-vous ? Vous passerez dîner à la maison ?» Les questions sonnent aussi faux qu'un « Excusez-moi » lors d'une bousculade dans le métro parisien. Arrive une Américaine volubile. On devine plus d'authenticité, voire d'intéressement, quand la Parisienne demande si elle s'est enfin décidée à acquérir « quelque chose » dans la région. « Toujours pas. On a préféré l'Andalousie, beaucoup moins chère. On attendra de vendre notre maison de Nashville pour acheter ici... ». Malgré (ou à cause de) l'ambiance, la crise financière mondiale me revient en pleine face à la pensée de ces autres migrants économiques d'un tout autre acabit. 

21/07/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Marché ou rêve

Une fois installés dans le presbytère de nos amis de ce hameau rural et verdoyant, se pose rapidement la question de tout vacancier encore dans le rythme d'une année d'activités intenses : on fait quoi maintenant ? Par chance nous sommes arrivés le jour du marché nocturne hebdomadaire d'un gros bourg, distant de deux kilomètres à vol d'oiseau, sept par la route aussi sinueuse que la démarche d'un touriste tombé dans un traquenard rue de la Soif à Canet. Pas le banal marché avec fruits défraîchis et habits des années 70 mais celui dit « de producteurs » où l'on peut déguster le meilleur de la gastronomie locale. Un véritable cauchemar pour ma femme qui ne désespère pas de me faire perdre ma quinzaine de kilos en trop. Entre aligot et truffade, une seule bouchée suffit à combler les besoins en calories et protéines d'une journée de régime. Tout est fait pour transformer la soirée en sommet de la convivialité. De grandes tables sont installées au centre de la place, les stands disposés autour des arcades moyenâgeuses. A trente mètres on sent la douce odeur des saucisses qui grillent. A moins que ce ne soit ces généreuses brochettes de magret de canard. D'autres fumets me titillent les narines : fromage de chèvre, melon à point, jambon sec... Bref, un rêve éveillé pour mon estomac affamé. Glandes salivaires en pleine production, je suis coupé dans mon élan quand le choix du menu tombe. « Bon, on va prendre des assiettes gourmandes : de la salade, du pâté, des rillettes et du cou farci. » « Et deux portions d'aligot... », ça y est, je bave... C'est beau l'amour.