30/09/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Défilé de tatouages

vide-greniers, tatouage, vente

Grosse animation hier dans mon village. Le vide-greniers annuel a transformé l'artère principale en vaste zone commerciale piétonne. Comme chaque année, j'en profite pour louer l'emplacement devant chez moi, installer quatre tréteaux et vendre livres et autres babioles. Passé l'enthousiasme des premières heures (90 % des ventes en début de matinée), il faut reconnaître qu'un vide-greniers c'est long. Très long…

Alors, bloqués derrière notre stand, mon épouse et moi scrutons les badauds. Démarche, tenue vestimentaire, âge, coiffure sont détaillés et commentés… Parmi ce petit échantillon de la vaste Humanité, les tatoués sont de plus en plus nombreux.

Hier matin, nous avons eu droit à un diablotin coloré beaucoup plus souriant que son propriétaire. Une dame laisse deviner sur un bras les ailes d'une chauve-souris. Un vieux socialiste arbore une rose sur son biceps fripé. Sans doute le souvenir d'une époque plus florissante pour la gauche. Celui-ci est couvert de la tête aux pieds. Impossible d'établir l'inventaire complet : un Indien sur son cheval saute aux yeux, puis une rose des vents sur l'avant-bras et une grosse araignée velue sur la main.

Côté bestiaire, les femmes sont plutôt dauphins, les hommes aigles. Lui porte un tigre sur le bras. Ou un chien ? Pas vraiment évident. Le tatouage est surchargé, comme si on avait redessiné sur un premier motif pour le faire disparaître.

Enfin, dans l'idéogramme chinois qu'exhibe ce cinquantenaire, je vois du mystère et du romantisme. Mais si ça se trouve, le tatoueur a seulement traduit en mandarin "Arlette pour la vie"…

07/04/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Souvenirs du dimanche au gré des vides-greniers

vide-greniers, revues BD, cassettes vidéo

Soleil aidant et températures en hausse, l'heure était hier au premier vide-greniers de 2014. Un petit village au cœur de vignes bourgeonnantes, des centaines de voitures mal garées, des stands bigarrés : la chine devient la nouvelle religion dominicale d'un peuple en quête d'économies, de souvenirs ou simplement de promenades en famille.

L'un des exposants explique à une cliente curieuse que ce drôle d'engin est un presse-citron ramené d'Inde. Plus loin, un jeune vend des photos d'acteurs de l'entre-deux-guerre encadrées avec soin. Nul doute qu'il les a héritées de sa grand-mère. Certaines passions ne résistent pas au temps. Un collectionneur feuillette un album de cartes postales, une mère de famille vend l'enfance de sa fille. Qui commence par le livre « J'attends un enfant » de Laurence Pernoud, se poursuit avec la layette (de 1 à 10 mois) et des vêtements, aujourd'hui complètement démodés. Celle qui a porté tous ces habits prend un air indifférent, ado boudeuse dans son coin, plongée dans sa DS.

Je tombe en arrêt devant une caisse remplie de cassettes vidéo. Un euro les dix. Quatre échoppes plus loin un exposant fait mieux : « Cassettes gratuites, servez-vous ». A ce rythme, les années 80/90 disparaîtront des mémoires pour cause de mutation technologique.

Au final, je divague beaucoup par la pensée, mais ne trouve rien de bien intéressant excepté quelques vieilles revues de BD. Pas chères, mais pas données non plus... Ma femme, sourire en coin, lève les yeux au ciel. Mes achats, aussi inutiles qu'encombrants, la désespèrent. Heureusement, soleil aidant, elle est d'excellente humeur...

Chronique "De choses et d'autres" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant. 

30/09/2013

ÇA BRUISSE SUR LE NET : Jimmy, le boss du commerce sur internet

 

vide.jpgSi vous avez la bosse du commerce, passer par le net est devenu une nécessité. Une boutique en ligne bien référencée vaut parfois plus qu'un pas de porte idéalement placé. Hier, mon village était bloqué par un immense vide-greniers. Tôt le matin, d'étranges personnages, mine patibulaire et rarement souriante, arpentent les rues nerveusement munis de lampes torches suffisamment puissantes pour permettre à un Boeing 747 de se poser sans encombre. Ils n'attendent même pas que les exposants s'installent, fouillent les coffres des voitures à la recherche de l'objet rare. Livre, bibelot, jouet... même les pin's s'arrachent à prix d'or sur internet. Ces acheteurs matinaux, pour beaucoup, vivent de la revente de ces raretés dénichées dans l'obscurité. L'un d'entre eux m'a raconté avoir acheté pour moins d'un euro un livre de Guy Debord revendu, le jour même à l'autre bout de la France, 100 fois plus cher. A un adolescent peu nostalgique (mais heureusement soigneux), un autre a racheté 50 centimes un album de Richard Scarry parti chez un collectionneur pour une quarantaine d'euros...

 

Tout se revend sur internet. Enfin, si c'est légal. Ne faites pas comme Jimmy, 23 ans, de Guéret, bientôt convoqué devant les juges. Le commerce, il aime. Le cannabis aussi. Alors il s'est mis à vendre de l'herbe sur le net. Pour optimiser ses affaires, il a même créé son propre site. Et comme Jimmy ne semble pas être un foudre de guerre, il l'a baptisé... vendeurdedrogue.com. 


21/11/2012

Chronique : la nouvelle débrouille passe par internet

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La crise ce n'est pas uniquement une note dégradée pour la France, elle représente aussi le quotidien de millions de Français. Comment s'en sortir ? La débrouille, en net regain, a de beaux jours devant elle, d'autant qu’internet permet d'utiliser de nouvelles pratiques.

Le succès du site leboncoin.fr est révélateur. Au lieu de faire un ou deux vide-greniers par an, on met son bric-à-brac en vente sur le site. En vivre, impossible, une petite rentrée d'argent bienvenue, certain. A l'autre bout de la chaîne, le quidam peut acheter à très bon prix de l'occasion. Et le bricoleur est doublement gagnant. On récupère, on retape, on revend... Difficile de faire plus écologique dans le recyclage. 

crise, vide-greniers, système d, leboncoin, supermarmite, débrouilleAutre volet de cette nouvelle débrouille, la vente ou le troc de services. Super-marmite.com est par excellence le concept du moment. Vous vous surpassez aux fourneaux, vos tartes ou sushis sont à tomber. Pourquoi ne pas en faire profiter les voisins en plus de votre famille et vos amis ? Une annonce sur le site et les personnes intéressées vous passent commande. On ne peut véritablement parler de concurrence pour les traiteurs (généralement il n'y a pas de choix), mais un petit plus financier pour le particulier. Surtout s'il aime cuisiner... 

Paradoxe de la crise et d'internet. On pourrait penser que le repli sur soi est la réaction primaire. Dans les faits, cela provoque une ouverture vers les autres. Le gagnant-gagnant du système D version numérique.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" paru en dernière page de l'Indépendant ce mercredi.