11/08/2017

DVD et blu-ray : « Osiris », sacrifice dans l’espace

 

L’Australie doit son développement au travail des forçats exilés sur l’île-continent par la Grande-Bretagne. Cette histoire, peu glorieuse, se retrouve un peu en filigrane de « Osiris - La 9e planète », film de science-fiction de Shane Abbess.
Aux confins de la galaxie, Osiris est peuplée par quelques colons, aidés par le travail forcé des détenus. Mais derrière ces murs, sous couvert de rédemption de fortes têtes, les autorités profitent de l’éloignement pour réaliser des expériences génétiques. Les plus récalcitrants sont transformés en monstres sanguinaires quasi indestructibles. Une bonne façon pour dépeupler des planètes avant à l’arrivée des Terriens. Quand ces monstres sont libérés lors d’une mutinerie, il ne reste plus beaucoup de solution pour rétablir l’ordre : détruire Osiris dans le feu nucléaire.
Un militaire, Kane Sommerville (Daniel MacPherson) quitte la station spatiale en orbite contre les ordres de sa hié- rarchie pour tenter de sauver sa fille Indi âgée de 10 ans, restée au sol. Découpé en chapitres, le film offre l’avantage de ne pas s’embarrasser de scè- nes de transition. Quand la petite équipe de Kane dit, on va aller secourir Indi, deux secondes plus tard cela tire de partout.
Des créatures très réussies, avec de véritables acteurs à l’intérieur. Il y a un petit côté Mad Max, avec barjots crados et désert à gogo. Et les passionnés se délecteront du making-of très détaillé.
➤ « Osiris - La 9e planète », Wild Side, 19,99 € le DVD, 24,99 € le blu-ray

12:33 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : osiris, sf, wild side, australie

27/04/2017

DVD et blu-ray : Les démons voyageurs s’amusent dans « Incarnate »

 


Depuis l’Exorciste, les histoires de possession sont une mine d’or pour les scénaristes de films d’horreur. Brad Peyton dans « Incarnate » reprend le film, avec quelques variantes. Notamment dans la personnalité de l’exorciste confié cette fois à un homme qui ne croit pas aux dé- mons. Pour lui, ce ne sont que des parasites qui migrent de corps en corps pour assouvir leurs plus bas instincts.


Le docteur Seth Ember (Aaron Eckhart) a le pouvoir de pénétrer le monde de ces monstres plus nombreux qu’on ne le croit. Dès qu’il dort profondément, il peut pénétrer l’esprit du possédé, le rejoindre dans le monde fictif mis en place par l’entité, lui ouvrir les yeux et revenir à la réalité, débarrassé du démon.
■ Enfant terrifiant
Simple, mais pas sans danger. Ember est placé dans un profond coma lors de ces « plongées », suivi par une équipe de geeks, et tout est filmé. Ember ne travaille pas pour la gloriole. Il cherche un démon particulier qui, alors qu’il occupait l’esprit d’une femme ivre, a provoqué la mort de sa femme et son fils. Il a au passage perdu l’usage de ses jambes et se déplace depuis en chaise roulante. Contacté par le Vatican, il doit sauver un jeune garçon de 11 ans, Cameron (David Mazouz) du fameux démon avec qui il a un compte à régler. Le film n’abuse pas d’effets spéciaux, par contre il instille une angoisse crescendo des plus prégnantes. 
Saluons l’interprète de Cameron. Pas évident de faire peur quand on a 11 ans et une frange à la mode. Mais David Mazouz (découvert depuis dans la sé- rie Gotham), est le véritable moteur de terreur du film. Un enfant normal, se transformant en bête sans pitié, capable de tuer son père juste pour le plaisir.
Et comme tout film d’horreur qui se respecte, la fin est ouverte, donnant l’occasion aux producteurs, en cas de succès, de proposer une suite rapidement.  
➤ « Incarnate », Wild Side Vidéo, 14,99 € le DVD, 19,99 € le bluray

09/03/2017

DVD et blu-ray : « Rusty James », pépite restaurée

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De tous ses films, Francis Ford Coppola a toujours affirmé que son préféré, celui qui a une place particulière dans son cœur, reste et restera « Rusty James ». Cette nouvelle édition en blu-ray nous permet de redécouvrir ce long-métrage devenu culte depuis sa sortie en 1983. En plus d’une distribution ébouriffante, ce « teen movie » a changé bien des codes du genre. Par sa lumière, sa musique et son montage, déroutant pour l’époque, simplement moderne aujourd’hui.
Rusty James (Matt Dillon) est une petite frappe de Tulsa en Oklahoma. Amoureux de Patty (Diane Lane), il ne va au lycée que pour y rencontrer ses amis et sa copine. La plupart du temps, il joue au billard dans des bars malfamés. C’est là qu’il apprend que le caïd de la bande adverse veut en découdre avec lui. Rusty aime se battre. Dans une friche industrielle, la baston générale sous la caméra de Coppola ressemble à un ballet de danse contemporaine. Rusty, grièvement blessé, est sauvé in extremis par son grand frère Motorcycle Boy (Mickey Rourke). Le film explore, plus que les dérives adolescentes, les difficiles relations dans une famille ravagée. Le grand frère, après des années de dérive violente, s’est assagi. Il tente de persuader son petit frère de ne pas prendre la même voie. Le père, alcoolique (Dennis Hooper), est le repoussoir et le lien du trio.
Cela a ouvertement des airs de tragédie grecque et on trouve également dans les seconds rôles, excusez du peu, Nicolas Cage, Tom Waits ou Laurence Fishburne. Pour mieux comprendre ce classique, en plus du blu-ray simple riche de nombreux bonus comme le commentaire audio de Coppola, 20 minutes de scènes coupées et un making of à Tulsa, un coffret est proposé avec un livre de 200 pages signé Adrienne Boutang.
➤ « Rusty James », Wild Side Video, 19,99 € le blu-ray simple, 49,99 € le coffret

02/02/2017

DVD et Blu-ray : Soko redonne vie et grâce à Loïe Fuller, « La danseuse »

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Un corps massif, un visage rarement rieur, une démarche lourde et une propension à cacher ses formes sous des couches de tissus : Loïe Fuller n’avait rien pour faire carrière dans le spectacle, aux Folies Bergères notamment. Pourtant cette jeune franco-américaine, en débarquant de son Far-west natal à la fin du XIXe siècle, va devenir en quelques spectacles la coqueluche du tout-Paris. Son secret, animer des mètres de soie grâce à d’immenses bâtons dans des lumières fortes avec des variations de couleur.

 

 

Cette danse du serpentin qu’elle a inventé à New York, presque par hasard, va le rendre très célèbre à Paris. La presse est enthousiaste, le public conquis. Elle décroche même un engagement à l’opéra de Paris. Le film de Stéphanie Di Giusto, présenté à Cannes, a fait forte impression. Il offre un beau premier rôle à Soko, actrice française atypique. Un rôle physique qu’elle affectionne, où les entraînements ne sont pas simulés. Car le drame de Loïe Fuller est tout entier dans sa technique. Trop éprouvante, usante, fatigante, elle lui détruit le corps. Sans compter les dégâts occasionnés à ses yeux par les projecteurs électriques. Sa carrière comme sa gloire, sont très éphémères. Mais des années plus tard sa trace est toujours là car beaucoup la considèrent comme la première étoile de la danse contemporaine.

Le film sort en DVD et blu-ray alors qu’il fait un carton presque plein pour les nominations aux César. Soko pour la meilleure actrice mais également Mélanie Thierry pour le second rôle féminin, Gaspard Ulliel pour le second rôle masculin et la très jeune mais très talentueuse Lily-Rose Deep dans la catégorie révélation féminine pour son interprétation d’Isadora Duncan, autre danseuse américaine qui a littéralement volé la vedette à Loïe Fuller dans le Paris des années folles. On rajoute une sélection parmi les meilleurs premiers films et deux nominations techniques (décors et costumes) et on comprend que cette « Danseuse » a tout pour plaire au plus grand public.

 ➤ « La danseuse », Wild Side Vidéo, 19,99 €.

 

02/12/2016

DVD : Aux racines de l’antisémitisme avec "Ils sont partout" d'Yvan Attal

Paranoïaque Yvan Attal ? Pas plus que tous les Juifs selon lui. Il l’explique à son psychanalyste (Tobie Nathan) dans les séquences lien rouge entre les différents sketches censés se pencher sur les grands préjugés sur les Juifs. C’est la partie la plus sérieuse, comme un documentaire, où il met beaucoup de lui, non sans un humour quand il explique que c’est sa femme qui est obsédée par les Juifs, plus que lui par l’antisémitisme mais qui pourtant ne parle que de ça à son thérapeute.

Le premier sketch porte sur la légende selon laquelle les Juifs sont partout. Il y a comme des airs de ressemblance avec la réalité quand on découvre la présidente d’un parti d’extrême-droite (Valérie Bonneton) danser avec un ancien SS dans un bal à Vienne en Autriche. Problème récurrent des films à sketches, certains sont moins forts que d’autres.

 

 

Passons donc sur la thématique « Les Juifs sont riches », un peu trop caricatural pour savourer le dialogue d’anthologie entre deux talmudistes (Gégory Gadebois et Denis Podalydès) sur une question toute simple portant sur deux ramoneurs, l’un propre, l’autre sale. Brillant, comme l’humour juif (qui reste le meilleur du monde, n’en dé- plaise à certains) et la force de la réflexion quand on doute. Et puis dans ce film, forcé- ment pessimiste (les derniers événements sont malheureusement là pour confirmer cette vision de l’avenir), il y a une perle. En se demandant si les Juifs n’en font pas trop avec le Shoah, Yvan Attal et Emilie Frèche, la co-scénariste, offrent un rôle en or à Poppeck. Au final, le film est d’une grande sagesse, disant les choses simplement, démontant par l’humour ou l’absurde ces clichés ridicules. Mais au combien destructeurs depuis des siècles...

Dans les bonus du DVD, deux scènes coupées. Plus exactement deux scènes en entier. Yvan Attal explique en préambule avoir préféré les édulcorer, notamment en France, tant le sujet est encore sensible. 

➤ « Ils sont partout », Wild Side Vidéo, 14,99 € le DVD

 

30/06/2016

DVD : Dominé et dominant à l'épreuve de la solitude dans "Les Naufragés"

 

 

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Pour son troisième long-métrage, David Charhon (Cyprien et De l'autre côté du périph') a décidé de joindre l'utile à l'agréable. Après les geeks et la banlieue, il écrit un scénario se déroulant sur une île déserte paradisiaque. Le tournage dure quelques semaines en Thaïlande. Cela donne des images aussi belle que Koh-Lanta et plus typiques que Camping. « Les naufragés », comme nombre de grandes comédies françaises, s'appuie sur un duo que tout oppose. Jean-Louis Brochard (Daniel Auteuil), grand capitaliste, version magouille et caisse noire, quitte la France précipitamment. Un ultime scandale financier lui interdit de rester à Paris au risque de découvrir le confort minimum de « l'hôtel » de la Santé. Coincé dans un pays d'Amérique du sud, il parvient à décoller en plein cyclone à bord de l'avion affrété par William Boulanger (Laurent Stocker), artisan blanchisseur de son état, en voyage de noces, mais sans l'épouse qui a trouvé mieux sur place. L'avion se crashe en mer.

 

Les deux hommes se retrouvent naufragés sur une île tropicale hostile et déserte. Le premier, habitué à se faire servir, a tendance à donner des ordres. Le second, prototype parfait du « trop bon, trop con », se transforme en larbin. Même réduite à deux exemplaires, la société féodale et toujours d'actualité du dominant et du dominé s'impose comme une évidence. On se met à détester Brochard, qui en plus cache une valise pleine de billets. Boulanger, au contraire, est bien sympathique dans sa maladresse. Ils vont tout faire pour quitter leur faux paradis, mais au lieu d'unir leurs forces, fabriqueront chacun de leur côté un radeau avec plus ou moins de réussite.

Le film, sans être exceptionnel, est un bon moment de divertissement. Daniel Auteuil, dans un rôle de fourbe taillé sur mesure, est très crédible. Laurent Stocker, de la Comédie française, n'a pas le charisme de Pierre Richard ou Jacques Villeret mais impose son comique burlesque au fil des scènes. Le DVD offre en bonus quelques scènes coupées, une fin alternative un long making-of et même un bêtisier.

Michel Litout

« Les Naufragés », Wild Side Vidéo, 15,05 euros

 

 

03/06/2016

DVD et blu-ray : restauration de chefs-d'œuvre

Nouvelles technologies, nouvelles découvertes. Les avancées en matière de restauration des copies de films argentiques permettent de sortir des versions numériques quasiment à l'identique. Un plaisir supplémentaire pour redécouvrir ces chefs-d'œuvre du cinéma. En ce début juin, on a le choix avec une sélection de titres français chez Pathé et un film américain pour Wild Side.

pathé, tourneur, justin, marseille, wild side, falaise mystérieuseDans la continuité du plan de restauration de son catalogue, Pathé s'est engagé dans un vaste plan de restauration des classiques de son catalogue. Les trois œuvres emblématiques de Julien Duvivier, "La Belle Équipe", "La Fin du Jour" et "Voici le temps des assassins", font parties de cette nouvelle vague de sorties en DVD et Blu-ray. L'occasion également de prendre une bouffée d'accent provençal avec "Tartarin de Tarascon", comédie jubilatoire de Raymond Bernard orchestrée par Marcel Pagnol ainsi que le chef-d'œuvre de Maurice Tourneur, "Justin de Marseille", film de gangsters marseillais comme il n'en existe pas ailleurs. Ce dernier prouve que les récents règlements de compte dans la ville ne sont que les rééditions des tensions ancestrales, quand Justin tentait de faire régner sa loi face aux agissements des Italiens...

pathé, tourneur, justin, marseille, wild side, falaise mystérieuseAutre style avec "La falaise mystérieuse" de Lewis Allen avec Ruth Hussey et Ray Milland. Ce film date de 1944 et mélange comédie et fantastique. Au cours d'un séjour dans les Cornouailles, Roderick Fitzgerald et sa sœur Pamela achètent, pour une somme dérisoire, une superbe maison surplombant une falaise. Ils s'y installent, mais dès la première nuit, leur sommeil est troublé par les sanglots mystérieux d'une femme. Le coffret contient blu-ray et DVD accompagné d'un long entretien de Christophe Gans sur la genèse du film et ses influences sur le genre des "films de fantômes" et des autres cinéastes (dont Hitchcock). Sans oublier un livre richement illustré de Patrick Brion. Parfait pour redécouvrir un film très en avance sur son temps.

 

31/12/2015

DVD : Joann Sfar filme une très jolie oie blanche qui se rebelle

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Adapté d'un roman de Sébastien Japrisot, 'La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil' est un thriller esthétique.

 

 

Dans la catégorie des films que l'on aime avant même de le voir, 'La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil' cumule plusieurs atouts. Le titre. Long et explicite sans en dire trop. Le réalisateur. Joann Sfar, génial avec 'Gainsbourg', toujours très inspiré dans ses bandes dessinées. L'actrice principale. Freya Mavor, rousse incandescente aux jambes interminables et l'air mutin. L'origine. Le script est tiré d'un roman de Sébastien Japrisot. Mais à l'arrivée, on est un peu déçu, comme frustré de ne pas exactement retrouver ce que l'on espérait dans cette somme d'ingrédients alléchants. L'explication on la trouve dans les bonus du DVD. Joann Sfar dans un long entretien de près de 30 minutes, revient sur le projet. Il n'aimait pas le scénario. Mais adorait le roman. Alors il a tenté de trouver un compromis. D'autant que son producteur ne voulait pas qu'il fasse du Sfar. Mais il ne sait rien faire d'autre. Alors il a tourné un film comme il aurait aimé en voir quand il était jeune. Un long clip vidéo de 90 minutes dans lequel on ne peut que tomber amoureux de l'actrice principale. Peu de moyens, zéro figurants, décors sommaires et manquant de liant entre eux, c'est finalement le montage final qui a sauvé le projet de la catastrophe selon le réalisateur qui semble presque renier ce troisième film dans sa carrière, toujours le plus difficile à faire.

S'inventer une vie

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Pourtant, la jeune Dany restera longtemps dans les mémoires de ceux qui ont vu ce thriller ouvertement esthétique (et pas esthétisant). Dany (Freya Mavor) est une secrétaire effacée dans une société de publicité. Elle tape au kilomètre des projets et rapports dictés par son patron Michel (Benjamin Biolay). Ce dernier lui demande de venir chez lui taper un long texte qu'il doit rendre le lendemain. Elle accepte. Ce sera aussi l'occasion de revoir Anita (Stacy Martin), son ancienne collègue qui a terminé dans le lit du patron et l'a épousé. Dany, rousse, naïve, myope et seule, s'imagine dans les bras de son patron. Mais ce dernier l'ignore. Le lendemain, il lui demande de le raccompagner à l'aéroport avec sa voiture américaine, une Thunderbird. Au retour, Dany ne retourne pas à Paris, met le cap au sud pour voir la mer. S'inventer une vie, des aventures… Elle sera servie, se demandant si c'est elle qui a tué cet homme dans le coffre de la voiture. Au point de se demander sir elle n'est pas folle. Véritable film psychologique, faux thriller (même s'il y a effectivement des morts, du sexe et de la violence), 'La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil' est entièrement porté par Freya Mavor. L'actrice anglaise, surtout connue pour son rôle dans la série 'Skins', d'une beauté époustouflante, est filmée avec délicatesse par un Joann Sfar très inspiré.

'La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil', Wild Side Vidéo, 19,99 euros le DVD, 24,99 euros le blu-ray.

 

17/12/2015

DVD : Quatre bannis et de la dynamite dans "Sorcerer" de William Friedkin

Renaissance dans un coffret réservé aux cinéastes exigeants de 'Sorcerer' de William Friedkin avec Roy Scheider.

S'il est difficile de prévoir à l'avance le succès d'un film, il est encore plus compliqué de tabler sur son échec. En 1977, quand sort 'Sorcerer' de William Friedkin, tout laisse à penser que cette grosse production, tournée durant près d'une année en pleine jungle de République Dominicaine, attirera autant de spectateurs que 'French Connection' et 'L'Exorciste', les deux précédents films du réalisateur américain. Même si le casting n'est pas au niveau du projet initial (il devait réunir Steve McQueen, Marcelllo Mastroianni et Lino Ventura), l'histoire reste la même : remake du 'Salaire de la peur' de Clouzot. Le film sera un bide retentissant. Deux semaines à l'affiche, peu d'entrées et une déferlante qui va précipiter sa disparition dans les limbes cinématographiques : la sortie de 'Star Wars'.
Friedkin mettra de longues années pour se remettre de cet échec. D'autant qu'il considère ce film comme sa meilleure réalisation. Aujourd'hui encore il persiste quand il prétend qu'il ne changerait rien au résultat final. Il faudra attendre près de dix ans pour qu'il retrouve son brio dans le palpitant 'Police Federale Los Angeles'.
'Sorcerer' est le récit de la rédemption de quatre bannis. Quatre hommes aux destins tragiques, inéluctables. Il y a un tueur à gage sud-américain, Nilo (Francisco Rabal), un terroriste palestinien Kassem (Amidou), un banquier français véreux Serrano (Bruno Cremer) et un gangster américain Scanlon (Roy Scheider).

Tournage en enfer

 



Roy Scheider, à la fin des années 70, est un acteur qui monte. Sa performance dans 'Les dents de la mer' l'a propulsé au sommet. Par contre les autres acteurs, européens, sont totalement inconnus aux USA. C'est certainement le principal handicap de ce film injustement oublié. Sa ressortie en DVD et blu-ray dans un coffret riche de bonus et d'un livret de 50 pages, permet enfin à cette œuvre de bénéficier d'une reconnaissance méritée.
Le scénario est basique. Quatre scènes d'ouverture permettent de présenter les héros. L'un tue sans remords, l'autre pose des bombes dans la foule, le troisième a ruiné sa belle-famille et le dernier, pour quelques milliers de dollars, participe au braquage d'une église. Acculés, recherchés, ils n'ont d'autre solution que l'exil. Un pays d'Amérique du Sud, sur un chantier de forage pétrolier. Quand il faut récupérer des caisses de dynamite instable à plusieurs kilomètres, ils sont volontaires pour conduire les camions. Un long et dangereux périple dans la jungle.
Le tournage, éprouvant, a souvent failli être abandonné. Chaleur, humidité, accident : rien n'est épargné aux équipes. Le long-métrage est finalement achevé dans la douleur, pour le résultat que l'on sait…
Film noir sur le destin et la rédemption, 'Sorcerer' a l'étiquette de production maudite. Le coffret offre un long entretien enregistré en février dernier entre William Friedkin, 80 ans, l'œil vif et la parole taquine et Nicolas Winding Refn, le jeune prodige danois dont le "Drive" est directement inspiré des productions de Friedkin.

'Sorcerer', La Rabbia & Wild Side, 19,99 euros le pack DVD, 24,99 le pack blu-ray.

06/09/2015

DVD : Une voix, un destin, 'Un incroyable talent'...

incroyable talent, potts, frankel, wild sideInspiré du parcours de Paul Potts, chanteur anglais, ce biopic met l'opéra à l'honneur.

L'excentricité des Anglais permet ce type d'histoire totalement improbable. Un vendeur de téléphone portable dans une ville industrielle du Pays de Galles se retrouve propulsé en tête des ventes des disques après son passage dans une émission de téléréalité. Paul Potts, issu d'un milieu très modeste, a toujours désiré chanter de l'opéra. Soutenu par sa mère, sans cesse encouragé par sa femme, il essuie de nombreux échecs avant de rencontrer un succès planétaire. David Frankel dans son film Un incroyable talent s'emploie à raconter la vie de Paul avant la gloire. Paul (James Corden) a un physique ingrat (il est trop gros) mais une voix en or. Il excelle dans les airs d'opéra. Mais ce n'est pas la panacée quand on vit dans une banlieue grise et sale du Pays de Galles. Sa passion va le pousser à faire des paris étonnants.

Le film, avec cet esprit critique très british, raconte ses multiples tentatives de vivre de son art, avec à chaque fois un échec cuisant. On retient son passage dans un pub surchauffé en clown triste, sa débandade quand il a l'occasion de montrer ses capacités à Pavarotti, son idole absolue ou ses problèmes de santé l'empêchant de participer à la création d'Aïda. Il tombe mais se relève à chaque fois.

Épaulé par sa femme, la délicieuse Julie-Ann interprétée par Alexandra Roach (déjà remarquée dans les deux saisons de la série anglaise Utopia). Julie-Ann qui pousse son mari à tenter une dernière fois sa chance en s'inscrivant au concours "Britain's got talent". La suite est connue de tout le monde : victoire, célébrité...

Le blu-ray propose en bonus un long reportage sur la genèse du projet avec notamment l'interview du véritable Paul, toujours pas revenu de sa chance extraordinaire.

'Un incroyable talent', Wild Side, 15,05 euros le DVD, 20,05 euros le blu-ray