01/03/2017

DVD et blu-ray : comment dire l'inacceptable ?


De « Juste la fin du monde » de Xavier Dolan, on retiendra une ambiance moite et trouble dans une famille à fleur de peau. Le fils prodige, Louis (Gaspard Ulliel, césar du meilleur acteur la semaine dernière) revient au pays après avoir connu la célébrité. Il y retrouve sa mère (Nathalie Baye), son frère aîné (Vincent Cassel), sa jeune sœur (Léa Seydoux) et sa belle-sœur (Marion Cotillard). Retrouvailles explosives pour un week-end. Ils ont tous beaucoup à se dire. Beaucoup à se reprocher aussi. Cris, pleurs, rires… La vie. Pourtant si Louis est revenu c’est pour leur annoncer l’inacceptable : il est malade, condamné. Dans quelques semaines il sait qu’il sera mort. Formidable adaptation d’une pièce de théâtre, « Juste la fin du monde » en DVD c’est la possibilité de revoir les performances des acteurs, notamment de Gaspard Ulliel, un peu négligée lors de la sortie du film, mais qui est essentielle pour l’équilibre de l’ensemble. Un grand moment. Mais c’est devenu une habitude avec les films du jeune Canadien surdoué qu’est Xavier Dolan.
➤ « Juste la fin du monde », Diaphana, 19,99 €

08/05/2013

Chronique : polémique après le clip d'Indochine "Cachez cette violence..."

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Depuis le jour de sa sortie, le 2 mai, le clip « College Boy » d'Indochine ne cesse de faire réagir. La chanson des quinquagénaires parle de la difficulté de faire accepter sa différence dans notre monde de plus en plus formaté. Pour appuyer ce message, Indochine fait appel au cinéaste québécois Xavier Dolan. Il réalise un court métrage choc. On y voit des élèves, bien sous tous rapports, harceler un de leurs camarades. Le motif ? Son homosexualité. Insultes, brimades, coups, pour au final, le crucifier.

college boy, indochine, csa, clip, violence, xavier dolanLes images sont violentes, mais nécessaires pour faire passer le message. Car ce que dénonce Xavier Dolan c'est l'aveuglement des adultes. Ils apparaissent avec un bandeau sur les yeux. La polémique fait rage sur les réseaux sociaux - les chaînes de télévision ne veulent pas diffuser ce brûlot. « Censure ! » hurlent les ados.

Le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) entre dans la danse.  « Assez de cette mode de la violence » s'indigne Françoise Laborde. Dans une longue lettre publiée sur le site du Huffington Post, Xavier Dolan lui répond : « vous intervenez dans le débat sur la légitimation de la violence à l'écran avec environ trente-cinq ans de retard. » On ne peut que lui donner raison en voyant le contenu des séries américaines. De toute manière, Collège Boy a déjà été visionné 1 million de fois sur internet. La censure du CSA semble un combat perdu d'avance. Et la lutte contre la violence à l'école peut-elle se passer de la prise de position courageuse d'Indochine ?


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.